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La Prêtresse de la Mer par Dion Fortune. Sesheta Publications, 6 Place du Canton 24300 Nontron, France.

www.sesheta-publications.com

La Prêtresse de la Mer fut considéré par Dion Fortune comme son roman le plus abouti. Il était particulièrement important à ses yeux et elle s’en explique dans une introduction tout à fait intéressante :

« Si l’on souhaite écrire un livre qui ne suit aucun des modèles standards, il semble nécessaire d’être son propre éditeur ; c’est pourquoi ce livre ne porte l’empreinte d’aucune maison d’édition pour lui conférer de la dignité, mais doit se suffire à lui-même en tant que Melkitsedeq littéraire. J’ai eu un jour l’expérience amusante de recevoir l’un de mes propres livres pour le critiquer, mais si l’on me demandait de critiquer celui-ci, j’aurais du mal à savoir comment m’y prendre. C’est un livre avec un fond sous-jacent ; en surface, c’est un roman ; en dessous, c’est une thèse sur le thème : "Toutes les femmes sont Isis et Isis est toutes les femmes", ou, dans le langage de la psychologie moderne, le principe de l’anima-animus. »

L’ouvrage est écrit à la première personne à travers le monologue de Wilfred, le héros du roman, qui fait la connaissance de  Vivien Le Fay Morgan, archétype de la femme isiaque. Il est fasciné par cette femme étrange, réincarnation de la Prêtresse de la Mer, venue de l’Atlantide.

Wilfried est atteint d’asthme chronique et se soigne par opioïde, ce qui joue un rôle dans son rapport à l’imaginaire et l’ouvre à d’autres mondes, principalement celui de la Mer. La présence de Morgan va l’aider à découvrir sa véritable nature et certains arcanes de la sexualité.

Il entre en contact avec le Prêtre de la Lune et c’est par l’art, par la peinture qu’il en rend compte. Ses peintures veulent évoquer plutôt que représenter :

« Les traits du Prêtre de la Lune n’étaient donc que vaguement visibles, et l’imagination devait compléter le tableau. Je n’ai pas représenté mon prêtre, je l’ai évoqué. Il y a toute une théorie de l’art là-dedans, mais ce n’est pas mon affaire pour le moment. L’œil extérieur voyait de sombres colorées ; c’était à partir de ses connaissances que l’on complétait le tableau. Si l’on ne savait rien, on ne voyait rien. Si l’on savait quelque chose, on voyait beaucoup. (…)

Quoi qu’on puisse dire de mes tableaux, ils suscitent toujours des réactions violentes, les peindre a été une éducation libérale.

Mais ce qui importait, ce n’était pas l’esthétique de l’entreprise, mais ce qui en résultait. Grâce à ces tableaux, le Prêtre de la Lune est entré dans ma vie, et c’était une personne très curieuse à connaître ; et encore plus curieuse que Morgan Le Fay, et Dieu sait qu’elle était déjà assez étrange. »

Dion Fortune campe ses personnages afin d’illustrer ses théories en psychologie, à la croisée de plusieurs courants actifs à son époque et des enseignements traditionnels. Comme toujours dans ses romans, mais cette fois de façon plus précise et construite, elle distille un enseignement traditionnel, sous le sceau de la Grande Déesse, et affirme la fonction initiatique et sacrée de la femme, isiaque, c’est-à-dire solaire, contrairement aux croyances courantes qui font d’Isis une déesse lunaire, suivant l’influence grecque, car en réalité Isis est l’égale de Rê.

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