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Les nouveaux initiés ou la mutation spirituelle du XXIe siècle par Arnaud & Eric de L’Estoile. Collection Regards sur les nouvelles spiritualités. Editions Dervy. Groupe Guy Trédaniel éditeur, 19 rue Saint-Séverin, Paris 75005, France.
Arnaud et Eric de L’Estoile survolent la scène ésotérique occidentale pour poser les questions de sa mutation entre tradition et modernité, une question qui n’a cessé de se poser au fil des siècles mais qui apparaît sans doute avec une plus grande intensité dans ce début de millénaire caractérisé par la vitesse et les avancées technologiques.
Le premier chapitre s’intitule curieusement « le grand retour des sociétés initiatiques » or, les sociétés initiatiques ou prétendues telles ont toujours perduré, depuis plusieurs millénaires sous des formes variables ou pérennes selon les environnements. Nos deux auteurs s’intéressent surtout aux besoins d’appartenance ou de reconnaissance, peu satisfaits dans nos sociétés, et aux réponses proposées, notamment dans le champ du développement personnel, quand l’initiation, elle, commence quand il n’y a plus personne. Ils citent rapidement quelques organisations martinistes, templières, ou issues du courant de la Golden Dawn, évoquent des créations anglo-saxonnes syncrétiques usant ou abusant des outils numériques, un intérêt renouvelé pour le néopaganisme ou l’hermétisme, les nouveaux dialogues Orient-Occident, la multiplication des voyages dits initiatiques…
Beaucoup de ces réponses à un besoin de spiritualité et de sens qui semble se manifester avec une nouvelle intensité, mais cela demanderait une analyse plus poussée, ne sont que des produits dans un marché très ouvert.
Arnaud et Eric de L’Estoile questionnent l’influence du numérique et des médias sur l’ésotérisme :
« L’ère du numérique transforme radicalement les modes de transmission du savoir. L’ésotérisme digitalisé est accessible à tous. Mais en l’absence de contrôle, entre gourous autoproclamés, formations accélérées et diplômes délirants, le mercantilisme peut trahir les orientations ancestrales. (…)
Si le chemin de la sagesse passe par l’écran, sera-t-il une simple illusion ou un seuil ? »
Un chapitre traite des rapports entre sciences et spiritualité ou ésotérisme pour envisager une possible « synthèse féconde entre la rigueur de la science et la profondeur de la tradition ésotérique ».
Les auteurs tentent d’évaluer l’impact des mutations en cours dans nos sociétés sur la permanence et l’expression des sociétés initiatiques dont la Franc-maçonnerie, jusqu’à cette conclusion :
« Car le véritable initié de demain ne se définira pas par son appartenance à un ordre ou à un rite unique, mais par sa capacité à fusionner la mémoire des anciens avec la conscience augmentée de l’Homme nouveau. »
Il manque à ce livre une bibliographie reprenant les travaux universitaires sur le sujet, notamment ceux du CESNUR autour de Massimo Introvigne.
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