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De la mythologie basque. Gentils et chrétiens par Anuntxi Arana. Elkar argitalextea – Donostia – Pays Basque Sud.
La culture basque traditionnelle est aussi riche et fascinante qu’insaisissable. Cet essai, publié en 2010, demeure une excellente introduction au modèle du monde basque à travers ses mythes, légendes, traditions populaires et autres aspects d’une culture qui a survécu au christianisme dans un syncrétisme original que l’auteur explore à travers l’oralité.
« Il a été dit, précise-t-il, que la mythologie basque n’est qu’un amas d’histoires éparses dont les éléments ne constituent pas un système, comme cela se doit. Il se peut qu’on veuille la comparer à la mythologie classique et, dans ce cas, il est vrai qu’elle n’a eu ni un Hésiode, ni un Homère pour réunir les différentes histoires et composer un grand récit. Tout comme elle n’a pas eu de théologiens pour analyser la nature et le comportement des divinités. Mais cela ne signifie en aucune façon que la mythologie basque soit dépourvue de système. Dans des travaux antérieurs (Arana 1996), nous pensons avoir démontré qu’elle possède bien une cohérence, non pas cartésienne, mais celle qui admet la contradiction. »
Les traditions basques se sont glissées, sous contrainte, dans le modèle chrétien, tout en préservant leurs caractéristiques. Ainsi, la Dame d’Anboto est devenue Notre Dame d’Arantzazu en conservant ses prérogatives. Entre diabolisations et sanctifications, nombre de personnages chrétiens, saints ou autres, se sont substitués aux figures basques qui animent les mythes, plus ou moins complètement.
Les basques d’aujourd’hui négligent parfois les histoires qui véhiculent une forme de sagesse ou de savoir populaires mais aiment encore les entendre lors des veillées.
« Souvent, nous dit l’auteur, la transmission familiale des contes s’est faite en sautant une génération, c’est-à-dire des grands-parents aux petits-enfants. D’autre part, le travail de diffusion des jeunes filles et des jeunes gens, qui allaient travailler comme domestiques, à été très important. Ils ramenaient dans leur propre famille ce qu’ils entendaient et voyaient dans les fermes où ils étaient employés, et la transmission se faisait de l’extérieur vers la maison familiale car ces jeunes étaient tout oreilles, ils étaient davantage auditeurs que conteurs. Ainsi, les serviteurs sont-ils souvent la source des histoires auxquelles les informateurs font allusion. »
Anuntxi Arana s’est particulièrement intéressé à ces histoires mais aussi à ceux qui les racontent ou les entendent. Quelle valeur leur accordent-ils ? Comment ces histoires participent à la construction de leur identité ? Le système de pensée traditionnel basque est particulièrement ouvert, ce qui le rend poreux mais aussi fluide et adaptable. Les anciennes croyances furent moins mises à mal par le christianisme que par les modes de vie modernes qui laisse peu de place au droit de rêver. Il s’agit pourtant d’un précieux patrimoine que ce livre nous invite heureusement à préserver.
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