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Les rites égyptiens. Actes du XXIIIe colloque de SFERE, 11 octobre 2025. SFERE, Société Française d’Etudes et de Recherches sur l’Ecossisme, BP 10105, 92704 Colombes Cedex.

https://sferecos.fr

La Société Française d’Etudes et de Recherches du l’Ecossisme, fondée en 2004, porte ses recherches sur l’Ecossisme, comme l’indique son intitulé. « Ecossisme », le mot fait référence à l’Ecosse et à la maçonnerie opérative écossaise.

« Le mot « écossais », précise le site de l’association, emprunté à l’Ecosse, est devenu un qualificatif maçonnique forgé en Angleterre pour désigner une maçonnerie d’élite. On peut voir dans le mot « écossisme » une appellation générique. Dès son origine, cette désignation porte en elle, une certaine ambiguïté car le lien avec l’Ecosse peut être considéré comme un lien mythique et symbolique. Ce serait par l’intermédiaire du chevalier de Ramsay que cette appellation serait parvenue en France avant de s’y implanter durablement.

Plus généralement, et ce dès le milieu du XVIIIe siècle, on désigne par les termes écossais et écossisme l’ensemble des hauts grades maçonniques qui sont pratiqués au-delà de la maîtrise, sujet de recherches de l’association SFERE. »

Chaque année, la SFERE, actuellement présidée par Irène Mainguy, organise colloques et séminaires dont les actes sont publiés. En 2025, le thème choisi était celui des rites maçonniques égyptiens avec deux invités de choix, Serge Caillet et Denis Labouré qui assurèrent trois interventions avant les traditionnels échanges avec les participants : Heurts et malheurs des rites de Misraïm et Memphis : 1811-1965 par Serge Caillet – Cagliostro et le Rite de la Haute maçonnerie égyptienne par Denis Labouré – Robert Ambelain, maçon de la vieille Égypte par Serge Caillet.

Serge Caillet commence par un rapide survol de l’histoire des deux rites, Misraïm et Memphis, longtemps séparés et même concurrents, de 1815 à 1965, en France afin de dégager ce qui caractérise les rites maçonniques égyptiens. Il rappelle que s’il existe, maçonniquement, une Ecosse symbolique, il est, plus encore, une Egypte symbolique en Franc-maçonnerie dite égyptienne, l’Egypte étant considérée comme une source majeure de la tradition maçonnique, considération qui n’a pas de base historique mais, nous dit serge Caillet, qui fait sens et justifie la place de l’hermétisme et de l’occultisme au sein de ces rites.

Nous retrouvons bien entendu les frères Bédarride ou Jacques-Antoine Marconis, les fondateurs de ces rites au début du XIXe siècle, avant la génération des Papus, Jean Bricaud, Constant Chevillon… qui ont opéré au siècle dernier, avant le deuxième conflit mondial de 39-45 puis, après-guerre, Henri-Charles Dupont, Georges Lagrèze, Jean-Henri Probst-Biraben, entre autres fortes personnalités de la scène initiatique européenne. Serge Caillet nous donne quelques repères essentiels dans cette histoire très agitée qui croise d’autres courants, martinisme, rosicrucianisme, pythagorisme, gnosticisme…

Denis Labouré nous introduit à la Haute maçonnerie égyptienne de Giuseppe Balsamo (1743-1795), dit Cagliostro. Encore aujourd’hui, Cagliostro a mauvaise presse, bien à tort,  dans les milieux maçonniques, malgré les mises au point passées de personnalités aussi différentes que Robert Amadou ou Massimo Introvigne. Dans ces actes, Serge Caillet nous dit d’ailleurs : « de Cagliostro, de son histoire, du portrait qu’en tire par exemple un Marc Haven, on peut dégager la silhouette d’un homme tout à fait respectable, qu’on pourrait considérer (bien que je n’aime pas le terme) comme l’archétype du « grand initié », et peut-être même du grand hiérophante, fonction fondamentale dans le rite de Memphis, puis de Memphis-Misraïm ».

Denis Labouré évoque le contexte napolitain, berceau des rites égyptiens, avant de présenter la genèse du rite fondé par Cagliostro, son organisation, sa finalité. Il présente le « programme de travail » établi par Cagliostro pour retrouver le corps de lumière originel. Nous sommes là en pleine voie d’immortalité.

Enfin, Serge Caillet, dans une dernière intervention, évoque la haute stature de Robert Ambelain (1907-1997) qui, comme Cagliostro, est trop souvent déconsidéré dans les milieux maçonniques, et tout autant à tort. Il nous rappelle la vie mouvementée de cette figure des rites maçonniques égyptiens de l’après-guerre, ses apports au mouvement occultiste et illuministe comme à la Franc-maçonnerie, ses errances parfois.

Ces trois contributions, très synthétiques, permettent au lecteur de replacer l’histoire spécifique des rites égyptiens dans l’histoire générale de la Franc-maçonnerie, comme dans celle, plus large encore, des ordres initiatiques occidentaux, mais aussi de mesurer leurs apports, divers, à la connaissance et à la mise en œuvre des procès initiatiques. C’est pourquoi, ces actes intéresseront, bien au-delà des rites maçonniques égyptiens eux-mêmes, tout chercheur soucieux d’approcher ce qui fonde la démarche initiatique.

La brochure est en vente au prix de 15 €, port compris sur le site de la SFERE.

Le prochain colloque de la SFERE se tiendra le 10 octobre 2026 et aura pour thème Apports de la Chevalerie templière à la Franc-maçonnerie.

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