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Nostradamus. Les prophéties complètes par Mario Reading. Editions Dervy. Groupe Guy Trédaniel éditeur, 19 rue Saint-Séverin, Paris 75005, France.
Pourquoi des auteurs reviennent-ils plus ou moins régulièrement à l’interprétation des célèbres quatrains de Nostradamus ? Plus le temps passe et plus la matière qui permet d’identifier le cryptage du texte augmente. En mettant en rapport les quatrains et les événements passés, notamment les plus récents, les chercheurs peuvent affiner leurs observations, avancer de nouvelles propositions de cryptage et se projeter autrement vers le futur.
Mario Reading, décédé en 2017, est considéré comme l’un des grands spécialistes de Nostradamus. Ses analyses audacieuses sont d’un grand intérêt pour celui qui veut approfondir le sujet des prophéties. Pierre Vincenti-Piobb (1874-1942) avait en son temps donné une clé d’interprétation qui reste pertinente. En partie, la démarche de Mario Reading se rapproche de celle de Piobb.
« Les commentateurs du passé ont étudié les quatrains individuellement, dit-il, comme des prédictions séparées, mais Nostradamus était un alchimiste et un voyant. Il croyait que du mélange des éléments pouvait jaillir la vérité. Les alchimistes pensaient que tout était fusionné et lié et qu’il suffisait de découvrir le secret de ces relations pour accéder aux codes cachés et aux mystères de la matière. De nombreux quatrains, bien que provenant de Centuries différentes, sont en fait intimement liés et interdépendants, et ne peuvent être correctement compris si cela n’est pas présent à l’esprit. Ces relations n’apparaissent clairement que lors du processus d’interprétation – un quatrain se nourrit de l’autre. »
Au Moyen-Âge, une prophétie n’est pas censée annoncer l’avenir mais donne un plan à suivre, un plan inspiré. Certains pensent que les prophéties de Nostradamus ne sont interprétables que postérieurement aux événements mais alors, qu’en serait l’intérêt ? Les prophéties devraient nous aider à nous orienter pour plus de sagesse et d’harmonie.
« On a accordé trop peu d’attention, par le passé, aux références classiques de la mythologie dans les écrits de Nostradamus. Elles forment pourtant la base de son processus de pensée – ce concept même d’oracle, qu’il a incarné, est inspiré de celui de Delphes. Comme la plupart des lettrés de son temps en France, Nostradamus n’hésitait pas à user de sa vaste culture classique, sachant qu’il serait compris de ses pairs. Ce sont ces mêmes connaissances qui doivent être employées de nos jours pour déchiffrer les quatrains, ce qui va à l’encontre de toutes les théories fumeuses selon lesquelles Nostradamus aurait utilisé un code secret, ou un sous-texte accessible à de rares initiés ou à des personnes versées dans les mystères des annales akashiques. »
C’est donc un regard relativement nouveau, puisant dans l’érudition classique, que porte Mario Reading sur les prophéties de Nostradamus. Il reste lucide et ne prétend aucunement détenir la vérité, il cherche au contraire à élargir les choix.
Le livre fut publié en 2006, nous pouvons donc examiner les premières interprétations réalisées par Mario Reading de 2006 à 2026 et elles portent à croire que sa démarche fut bonne, sans exclusive bien entendu. Il lui arrive évidemment de se tromper sur la date, ou le personnage concerné ou même l’événement mais le climat, la situation générale, les enjeux sont souvent bien identifiés.
L’avenir ébauché par les quatrains est plutôt sombre mais comment pourrait-il en être autrement avec cet être humain-là, prédateur pour son espèce et son environnement comme aucun autre animal de saurait l’être. Nostradamus avertit, quelle que soit l’interprétation, mais qui entend ?
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