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L’Arche Royale. Emulation par Gérard Mayau. Éditions Cépaduès, 111 rue Nicolas Vauquelin, 31100 Toulouse.
Gérard Mayau est un spécialiste du rite maçonnique Emulation qu’il pratique depuis plus de quatre décennies. C’est le quatrième ouvrage qu’il lui consacre après Emulation. Le premier degré. Fondations du Maçon – Emulation. Le deuxième degré. Le Compagnon, Cœur de la civilisation du travail libérateur et Emulation. Le troisième degré. Au cœur de la Franc-maçonnerie spirituelle, offrant un long développement où se mêlent rigueur, intelligence, engagement, les qualités attendues d’un Franc-maçon désireux de comprendre son rite pour le rendre opérant.
L’ouvrage commence par un aide-mémoire bienvenu afin de s’engager dans cette lecture avec quelques repères sur l’arianisme, Calvin, Fénelon, John Locke, Plutarque et d’autres mais aussi sur des concepts ou notions comme le logos ou la tétraktys pythagoricienne.
Gérard Mayau voit un « continuum mystique » de Philon d’Alexandrie à Jean-Théophile Désaguliers en passant par Isaac Newton, dont nous savons l’intérêt et même la passion pour l’alchimie et ce que révèle le Temple de Salomon. Ce mouvement de connaissances serait une source de la dimension spirituelle de la Franc-maçonnerie.
Avant de traiter de l’Arche Royale, il fait le point sur l’histoire et la légende fondatrice de la Franc-maçonnerie en ses débuts jusqu’à la « Cérémonie d’exaltation au suprême degré de l’Arche Royale ».
Une grande partie du livre est consacrée au symbolisme particulier de ce degré dans ses décors et dans le processus déployé au fil de la cérémonie. « Ils ne peuvent en aucun cas, précise Gérard Mayau, se décrypter à la lumière de l’historicité ou de la simple logique. »
L’analyse poussée de ce symbolisme constitue un ensemble de connaissances également pour d’autres rites construits autour du complexe traditionnel que constitue le Temple de Salomon. Ce long et passionnant parcours conduit à trois conclusions, l’une institutionnelle, la deuxième, spirituelle et la dernière globale et maçonnique : « Parole perdue ou Franc-maçonnerie perdue ? »
Gérard Mayau démontre que « l’Arche Royale sort des « landmarks » de la Franc-maçonnerie : ni politique d’Etat, ni religion particulière », ce qui le conduit à interroger les rapports entre religion et politique : « Ce ne sont pas les religions qui sont néfastes, c’est ce que le pouvoir en fait ».
D’un point de vue spirituel, « la construction maçonnique, bâtie autour de l’Ancien et du Nouveau Testament, ne fait que mettre à la portée de chacun, par une mise en scène spectaculaire, une philosophie de la foi et de la religion fondée sur la raison, réservée à quelques grands esprits ». Et d’inviter Spinoza, Kant Kierkegaard, Einstein pour mieux cerner la nature de la foi et sa fonction d’élévation.
Gérard Mayau regrette la perte de la continuité initiatique au sein de la Franc-maçonnerie, perte inscrite dans « la transmission orale d’un mot qui ne figurait pas dans l’ancienne maçonnerie opérative ».
« Cette spiritualité libérée, propre aux sages et aux savants, nous dit-il, mise en scène solennellement avec le ciment de la fraternité, peut désormais échapper aux pratiquants de la Franc-maçonnerie, privés de leurs repères essentiels. »
Si l’ouvrage se conclut de façon pessimiste, le corps de l’ouvrage constitue une matière appropriée pour retrouver le sens initiatique de la Franc-maçonnerie. Au lecteur de s’en saisir.
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