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Zen sans frontières par Dumè Antoni. Almora éditions. Groupe Guy Trédaniel éditeur, 27 rue des Grands- Augustins, Paris 75006, France.

http://www.dervy-almora.fr/

L’ouvrage débute par ces mots :

« Ceci n’est pas un livre sur le Zen, mais depuis le Zen. Ou plus exactement depuis l’expérience zen. L’expérience zen n’est pas à proprement parler une expérience. C’est le fait d’être ce que l’on est avant même de venir à l’existence tout en se trouvant pourtant au cœur de celle-ci. »

Très conscient d’une impossibilité à « dire », très conscient des possibilités et des limites du langage pour aborder ce qui naît par le silence, Dumè Antoni a su assembler les mots pour pré « dire », pour donner le pressentiment de ce qui est, au-delà des mots :

« L’homme dans le zendō aperçoit les premières lueurs de l’aube danser dans la pièce où il s’est assis. Un bâton d’encens fume sur l’autel dressé près de lui et embaume l’air ambiant. Sur cet autel siège le Buddha Amithāba dans la posture adamantine. Mais ces lueurs, cette fumée d’encens et son parfum sacré, cet autel et ce Buddha de bois ou de plâtre, sont en réalité assis sur le zafu. Et le zafu couvre la terre entière, en sorte que l’homme embrasse les six directions du Ciel jusqu’à toucher aux confins de l’univers. »

Dumè Antoni éclaire avec beaucoup de justesse le filet de nos conditionnements et d’abord l’Ignorance « premier lien de la Coproduction conditionnée », il en existe douze nous dit-il. L’Ignorance étant acausale, nous n’y échappons qu’en se reconnaissant comme « Non-né ».

Que faire du corps ? Que faire de la vie ? Que faire de la mort ? Quel lien avec le karma ? C’est en interrogeant, en approfondissant ces questions, sans nécessairement y apporter des réponses ou du sens que le piège du Samsara est reconnu.

« En réalité, nous dit l’auteur, toute pratique génère du karma, mais une pratique aveugle nous égare en créant du désir et de l’attachement, voire de l’aversion et du rejet, tandis qu’une pratique éclairée nous libère des Trois Poisons. En définitive si la pratique est aveugle, la sphère des causalités en interdépendance est le Samsara, et à l’inverse, si la pratique est éclairée par la Prajna (Sapience), la sphère des causalités en interdépendance est le Dharmadhatu. (…)

Le Dharmadhatu est la sphère de la réalité. »

A plusieurs reprises, Dumè Antoni nous rappelle que le Buddha évitait d’aborder les sujets de métaphysique, ce qui lui importait était de trancher les racines de la souffrance. L’érudition et la pratique elle-même ne suffisent pas, voire sont inutiles.

« Le Zen dit-il est la contemplation de notre vraie nature. Mais qui contemple quoi ? Toute la question est là. Si vous vous observez comme un autre, vous n’êtes pas vous-même. Vous êtes un autre. Si vous vous observez tel que vous êtes, à partir de quoi le faites-vous ? Quelle certitude pouvez-vous tirer d’une observation si vous ne connaissez pas l’observateur ? Pour connaître votre vraie nature, vous devez le faire depuis votre vraie nature. Le zen est la contemplation de Buddha par Buddha lui-même. »

Les koâns sont présents dans le livre, tantôt pour souligner, tantôt dérouter, tantôt pour rien, ce qui est ajusté. En fin d’ouvrage, Dumè Antoni revient sur la pratique quotidienne du zazen : les postures, la respiration, le doute, le koân, vipassana…

Un livre pour « se rendre au marché avec les mains tendues ».

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