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Dictionnaire de mythologie et de symbolique égyptienne de Robert-Jacques Thibaud. Editions Dervy. Groupe Guy Trédaniel éditeur, 19 rue Saint-Séverin, Paris 75005, France.
Robert-Jacques Thibaud (1941-2002) a rédigé plusieurs dictionnaires consacrés aux mythes des cultures méditerranéenne mais également aux mythes nordiques ou germaniques. Plusieurs furent publiés chez Dervy. La réédition de ce dictionnaire chantant les mythes de l’Egypte antique est bienvenue, ce dictionnaire étant abordable par le plus grand nombre. « C’est vers l’Egypte que les yeux se tournent lorsque la nuit gagne les consciences » remarque Robert-Jacques Thibaud nous rappelant l’importance de la source égyptienne, spirituelle et historique.
Le système initiatique égyptien antique était particulièrement élaboré, gradualiste et fermé aux étrangers. Les quelques Grecs qui purent être reçus aux mystères égyptiens le furent souvent avec réticence et n’eurent pas forcément accès à l’ensemble des traditions dans leur profondeur. Les Grecs interprétèrent parfois de manière erronée et dualiste les cultes d’Isis et Osiris.
Ce dictionnaire permet d’appréhender le rapport sacré au corps, à chaque partie, chaque organe à travers leurs liens avec les dieux, et leurs correspondances.
« Ainsi, nous dit l’auteur, contempler un homme, admirer le pays d’Egypte ou méditer devant la beauté d’un temple construit rituellement selon les dimensions sacrées, c’était être devant tous les dieux, assister au fonctionnement parfait du cosmos, puisque ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et que Ptah le potier des origines a fait l’homme à l’image de Sa Majesté. Cette manière de se considérer amenait naturellement vers un art de vivre et une morale de perfectionnement individuel permanent. »
Outre les divinités traditionnelles, ce dictionnaire présente un grand nombre d’animaux dont la symbolique importe, de l’âne à la vache en passant par l’oie. Il en est de même pour les végétaux et de nombreux objets de la vie quotidienne, comme le vase, accédant à une fonction sacrée dans le contexte du Temple. Mais, ce sont aussi des traits singuliers de la culture traditionnelle égyptienne qui sont abordés comme, par exemple, le rapport à la maladie :
« En Egypte, la maladie n’était pas considérée comme une peine sanctionnant une faute, mais plutôt comme un accident de parcours, un déséquilibre, le résultat d’une perte de contact dans l’ensemble harmonique de l’univers. Cette attitude, ne faisant pas intervenir une faute originelle, évitait aux égyptiens de considérer les maladies comme des malédictions et les mettait en devoir de chercher des solutions adaptées dont la médecine (exercée par les prêtres) était la première étape. »
Ce dictionnaire peut être lu dans son ensemble, restituant par la juxtaposition des images une fresque globale signifiante ou au contraire être ouvert selon les besoins.
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