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Natura Mystica. Le jardin de la fée Viviane de François Jollivet-Castelot. Editions du Cosmogone, 6 rue Salomon Reinach, 69007 Lyon.
François Jollivet-Castelot (1874-1937) est une figure de ce que l’on désigne aujourd’hui comme l’occultisme de la Belle Epoque. Il fut proche de Papus, Stanislas de Guaita et d’autres personnalités qui concourent aux revues martinistes comme L’Initiation. Il fut avant tout un alchimiste, fondateur de la Société alchimique de France et de nombreuses revues dont L’Hyperchimie et La Rose-Croix. Il fut un militant engagé du communisme chrétien dans les années 1920. Il laissa une œuvre littéraire considérable. Plusieurs de ses ouvrages d’alchimie sont réédités en fac-similé aux Editions du Cosmogone.
Natura Mystica est constitué de deux parties. La première partie, la plus longue, est une réflexion sur la nature conduisant à l’alchimie. Viviane, Merlin, Philalèthe s’entretiennent avec l’auteur pour développer un modèle physique et métaphysique particulier allant de la chimie à l’alchimie en passant par l’hyperchimie et transmettre un enseignement d’orientation non-duelle.
« Le monde est un miroir de l’Être, dit Merlin à l’auteur, la réaction projetée de l’action effectuée. Le Mouvement part de zéro, suit toute la courbe innumérable et retourne à zéro. La fatalité a fait traverser les mille zones à l’Esprit, l’a emprisonné sous mille apparences, l’a asservi, torturé, opprimé, versé de vase en vase comme l’eau ou du sang qu’on écoule ; tantôt l’esprit est maître, tantôt esclave, tantôt roi, tantôt paria, tantôt pontife et tantôt dévot agenouillé. Il est élevé, puis crucifié, heureux et misérable, rayonnant et stupide, beau et laid, saint et pustuleux, guerrier insensible et victime innocente. Il est majestueux et pantelant, jeté dans les révolutions et les conflits barbares, violé comme jeune fille, égorgé comme enfant, éventré comme femme, massacré comme homme (…)
Oui, murmura Viviane, l’œuvre de salvation est une œuvre d’amour. La haine engendre le mal, c’est-à-dire l’inharmonie ; l’égoïsme, passion primordiale de la Volonté universelle, est la cause de l’origine de tous les désordres planétaires. Le « moi » c’est la limite, la borne illusoire qui construit le tombeau de l’être. En vérité, il n’y a qu’une seule conscience, une seule Essence, fragmentée dans les apparences individuelles. Tous sont donc solidaires et vivre foncièrement dans l’Unité reconquise, c’est renaître. »
François Jollivet-Castelot développe une véritable philosophie initiatique dans ses longs échanges, entrecoupés de contemplations de la nature.
La seconde partie est intitulée Mysticismes Naturalistes et Mysticismes. Pour Jollivet-Castelot, les mysticismes naturalistes, à la différences de la plupart des mysticismes théologiques, ne s’oppose pas à la Nature. Nous décelons dans cette partie l’influence de Charles Fourier, notamment dans son rapport à la sexualité et à l’amour. Il prône une alliance de la science et de la spiritualité et fait référence aussi bien aux traditions occidentales qu’orientales. De plusieurs points de vue, François Jollivet-Castelot nous apparaît comme un visionnaire. Son livre peut nourrir avec pertinence bien des débats actuels.
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