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Le Vide, prétexte ou nécessité ? Matières à Penser n° 35. Editions du Cosmogone, 6 rue Salomon Reinach, 69007 Lyon.
Le Vide, et sa plénitude, est central dans les traditions d’Orient comme d’Occident, parfois de manière discrète, en arrière-plan de la démarche spirituelle, ou au contraire comme une évidence que nous ne voulons saisir.
Les auteurs rassemblés pour cette exploration du Vide proposent des approches très différentes, expressions de leurs propres rapports, théorique ou expérientiel, à ce qui est bien davantage qu’une notion philosophique ou un concept scientifique.
Sommaire : Divin vide ! par Nadine Auzas-Mille – V DE (vide) de Philippe Heckmann – Le mystère de la page blanche par Michel Auzas-Mille – Hospitalité du vide, une éthique de la place laissée ... de Patrick Ballester – Prolégomènes à la notion du vide par Claude Valsardieu – Le vide : de l'illusion de la matière a la transmutation du réel de Yann Leray – Le vide dans tous ses états de Jean-Claude Mondet – La notion du rien au vide par Robert Regor Mougeot – Le vide, fragments de l'existence de François Brin – Le vide dans l'art et dans la peinture en particulier par Roland Dauxois – Le féminin et le vide par Emmanuelle Auger.
Jean-Claude Mondet tente de nous donner un petit aperçu des multiples confrontations de l’être humain avec le vide, depuis la Grèce antique jusqu’à la physique quantique en passant par le bouddhisme, le taoïsme, la kabbale…
Roland Dauxois nous rappelle la célèbre « Toile vide… » de Kandinsky pour démontrer combien le vide est plein, un plein que les artistes vont rendre accessible par leurs œuvres.
Robert Regor Mougeot propose au lecteur de cheminer jusqu’au vide à partir de rien, un cheminement particulièrement intéressant qui passe par une interrogation du langage. Le mot « rien », avec toutes ses ambivalences, est porteur de sens, de multiples sens, jusqu’au saut métaphysique du rien au vide :
« Dans son sens, absence de toute chose, rien est alors synonyme de vide ; et il s’agit que ce vide se fasse sans pour autant qu’il y ait encore un quelconque désir de vide. »
Le vide est avant tout une expérience qui se dissout elle-même et n’appelle aucun commentaire. Il y a un paradoxe à évoquer le vide. Un autre rapport au langage est nécessaire, que la poésie et l’art autorisent, que le discours raisonné fige.
« C’est aussi un métier, le vide, nous dit Patrick Ballester. On croit qu’il flotte, qu’il est mousse et absence, alors qu’il se taille comme une pierre fine. Architecte et compagnon, j’ai appris que l’essentiel d’une nef n’est pas la pierre, mais l’espace qu’elle ménage. »
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