/image%2F0562708%2F20260319%2Fob_00189b_couv-evelyne-savoir.jpg)
L’arrogance du savoir par Evelyne Degueurce Noguès. Série La magie de la vie. Editions L’originel, 7 allée de la Charmille, 67210 Obernai.
D’où part le regard ? Cette question simple est bouleversante. Elle introduit à « avant avant », avant le commentaire, avant le concept, avant la mémoire…
Evelyne Degueurce Noguès a choisi l’art du dévoilement pour nous conduire à abandonner l’illusion du contrôle ou de la maîtrise, découvrant une vaste ouverture à ce qui est. Les mots pour se rendre avant les mots.
« Et moi, ce jour-là, je me suis arrêtée.
J’ai senti l’eau sur mon visage.
Le froid dans mon cou.
Le bruit dense du monde mouillé.
J’ai senti que j’étais vivante. »
Le dépassement des conditionnements, notamment de la dualité raison-tort, demande tout d’abord de l’attention, par exemple dit-elle, l’attention à « la violence douce du savoir sur l’expérience ».
« Ce que tu sais du monde te coupe parfois de ce que tu vis » nous rappelle Evelyne Degueurce Noguès car, une part de nous-même, la part vivante, le sait mais ce n’est qu’en cessant de comprendre que vivre pleinement devient possible.
« Le savoir n’est pas neutre.
Mais je dis que parfois, il faut oser le poser.
Le déposer.
Le mettre de côté,
comme on pose les bagages pour s’allonger dans l’herbe.
Et alors, peut-être pour la première fois depuis longtemps,
on peut entendre le vent. »
Notre aveuglement « à notre propre fermeture » doit d’abord être reconnu. Le « premier basculement », dit-elle, consiste à voir l’arrogance.
« Il y a une fracture étrange qui peut se produire dans une vie.
Elle ne laisse pas de traces visibles.
Elle ne se déclenche pas toujours dans le fracas.
Mais elle divise quelque chose à l’intérieur.
Un avant et un après.
C’est le moment où tu vois.
Pas ce que tu avais à apprendre.
Mais ce que tu faisais pour ne pas apprendre.
Pas ce que tu avais à transformer chez l’autre.
Mais ce que tu projetais pour éviter de te voir toi-même… »
Evelyne Degueurce Noguès propose avec une grande délicatesse, et tout autant de justesse, un cheminement de la connaissance à la conscience : « quand le savoir s’effondre, quelque chose s’ouvre ».
/image%2F0562708%2F20150101%2Fob_0f0075_imagecroco003.jpg)