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L’Hermine par Jean-Luc Le Bras. Editions Dervy. Collection Les symboles de notre histoire. Groupe Guy Trédaniel éditeur, 19 rue Saint-Séverin, Paris 75005, France.
L’hermine, proche parente de la belette, servit d’abord les élites sociales par sa fourrure très recherchée avant de devenir « fourrure » héraldique, explique Jean-Luc Le Bras.
« L’hermine, nous dit-il, a, dès les débuts, porté deux charges symboliques. D’abord une valeur morale, tenant à sa couleur blanche, pour représenter la pureté des mœurs ou la virginité, et la force de caractère, qualités affectées indifféremment à des femmes ou à des hommes. (…)
L’autre valeur, le signe d’appartenance régionale, a très vite distingué la Bretagne ; on la retrouve d’ailleurs dans la formulation habituelle de ses armes dans les textes : D’hermine plain qui est de Bretagne. »
Jean-Luc Le Bras prend le temps de nous exposer les relations entre l’Hermine et la Bretagne dans l’histoire. Il distingue trois périodes ou trois temps : « celui de la défense de l’indépendance du duché, l’hermine s’impose (1214-1316) ; celui des alliances matrimoniales avec la monarchie française (1491-1532), l’hermine se conjugue avec le lys ; enfin le temps où l’hermine s’efface progressivement (1532-1789). »
Dans la première période de conquête et garantie de l’indépendance, trois ordres de chevalerie virent le jour : l’Ordre de l’Hermine, ordre mixte, l’Ordre de l’Epi, peut-être simple variante du précédent, et l’Ordre de la Cordelière, fondé par Isabelle Stuart, développé par Anne de Bretagne. La cordelière, une référence à saint François d’Assise, présentait des lacs d’amour.
Jean-Luc Le Bras aborde encore l’hermine à travers ses permanences et ses nouveautés. Nous retrouvons Salomon et Hiram dont les manteaux sont doublés d’hermine, l’hermine des universitaires ou des avocats et magistrats, mais aussi un « usage multiforme de l’hermine : jeux de société, philatélie, publicité ».
Pour Jean-Luc Le Bras, cette permanence réside dans « la simplicité du dualisme des couleurs, le noir et le blanc, qui les expriment, le noir étant là pour sublimer le blanc comme l’avaient voulu les Pelletiers du Moyen Âge », mais le symbolisme de l’hermine a su également évoluer pour s’adapter ou se réinventer. C’est là une force essentielle des symboles.
Le très beau cahier iconographique illustre notamment l’histoire de la Bretagne et propose quelques curiosités comme les fausses armoiries à l’hermine attribuée par erreur à Montaigne, ou La Dame à l’hermine de Léonard de Vinci dont le personnage n’est toujours pas identifié avec certitude. Jean-Luc Le Bras n’a pas oublié le drapeau breton contemporain bien connu, apparu en 1925, le Gwenn ha Du, qui présente onze mouchetures d’hermine noire sur fond blanc.
Voici un petit essai remarquablement composé sur un sujet du plus haut intérêt tant il croise des domaines variés.
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