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Gargantua par Laurent Segalini. Collection Les symboles de notre histoire. Editions Dervy. Groupe Guy Trédaniel éditeur, 19 rue Saint-Séverin, Paris 75005, France.

http://www.dervy-almora.fr/

Nous savons depuis les travaux de Pierre Gordon ou Claude Gaignebet, principalement ses deux volumes magistraux parus en 1986 chez Maisonneuve et Larose sous le titre À plus hault sens: l'ésotérisme spirituel et charnel de Rabelais, combien l’œuvre de François Rabelais mérite un décryptage hermétiste.

Dans ce bref essai, Laurent Segalini, historien, se met en quête des origines du personnage de Gargantua qui préexistait à l’œuvre de Rabelais. Il nous apprend qu’une littérature gargantuine fleurissait au début du XVIe siècle. Huit textes, des chroniques, sont parvenus jusqu’à nous et nous ignorons combien de ces textes associés à la matière de Bretagne ont disparu.

« Une évidence s’impose alors, écrit-il : le succès populaire que suppose la profusion de la littérature gargantuine à la fin du premier tiers du XVIe siècle, montre que Gargantua constituait une figure déjà bien connue. Il faudra attendre trois siècles après l’œuvre de Rabelais pour que les érudits, passant outre cette dernière, redécouvre l’existence de traditions orales antérieurs sur Gargantua. »

Gargantua apparaît dans les traditions orales comme « un sculpteur de paysage », notamment par ses jeux de lancers. Ainsi, pierres, buttes, déforestations ou autres aspects de paysages variés résulteraient d’actes ou simples passages de Gargantua. C’est, nous dit Laurent Segalini, « un géant passant » mais aussi « un grand avaleur ». Gargantua concentre des traits de traditions préchrétiennes qui seront peut-être christianisées à travers certains saints comme saint Christophe. Au XIIIe siècle, le mont Saint-Michel s’appelait « mont Gargan ».

Laurent Segalini introduit le lecteur à plusieurs aspects des légendes ou mythes dans lesquels le géant est investi, y compris au sein du Compagnonnage :

« Les arguments, dit-il, sont nombreux pour chercher chez Soubise et Maître Jacques l’ombre portée de saint Blaise (Gargantua) et saint Jacques (Pantagruel) et voir dans leur rivalité la traduction d’une ancienne opposition calendaire entre un saint de la fin d’hiver et un autre du plein été. »

Bien des portes sont entrouvertes par l’auteur, c’est à nous, lecteurs, de les pousser car « nous savons déjà au fond qui est Gargantua, conclut-il : la meilleure image de nous-mêmes, peuple roman, vivace et bon vivant, toujours renouvelé, occupant ce morceau de terre à l’extrémité de l’Eurasie, où le soleil s’enfonce rougeoyant dans la mer, au large du mont Saint-Michel. »

Le cahier iconographique très riche, nous propose des œuvres variées extraites de vieilles éditions ou plus récentes, des lieux comme Plévenon où se trouve la Pierre de Gargantua ou Pont-Aven avec son Sabot de Gargantua et quelques autres surprises bienvenues.

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