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Les 33 degrés à la lumière des fables de La Fontaine par Olivier Chebrou de Lespinats. Editions La Tarente, Mas Irisia, Chemin des Ravau, 13400 Aubagne.
Ce sont bien entendu les 33 degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté qui sont ici associés ?, liés ?, mariés ?, intriqués dans un jeu de miroirs aussi audacieux que magistral.
Nous savons toute l’importance de l’œuvre de La Fontaine, ou des quatre La Fontaine comme l’a suggéré Valère Staraselski[1] tant cette personnalité est complexe et riche, même si nous n’en retenons généralement que le fabuliste. Pour Olivier Chebrou de Lespinats, La Fontaine est bien « un maître de sagesse sans tablier » :
« Jean de La Fontaine n’était peut-être pas initié, mais il connaissait intimement ce que l’initiation cherche à dévoiler : la nature humaine, ses passions, ses illusions, ses grandeurs, ses ombres et ses renaissances possibles. »
L’initiation n’est pas réservée aux organisations dites initiatiques, et nombre de grands auteurs en ont touché et exprimé les fondements et les réalisations, c’est le cas de La Fontaine qui a mis en scène dans ses fables beaucoup des mythèmes inscrits dans les trames des grands mythes initiatiques. La symbolique animale, si riche, constitue de plus une matière d’exception qu’il a su travailler avec élégance.
Pour Olivier Chebrou de Lespinats, le Rite Ecossais Ancien et Accepté, par sa structure et sa dynamique des symboles fait écho aux fables de La Fontaine :
« Là où La Fontaine donne des images, le Rite donne des actes. Là où La Fontaine enseigne par parabole, le Rite enseigne par expérience. Mais les deux dévoilent la même vérité : pour devenir un Homme, il faut d’abord se connaître, il faut se dépouiller : pour se dépouiller, il faut chercher la Lumière. »
C’est donc moins une morale, comme l’école le dit souvent, qu’une sagesse qu’il convient de découvrir dans les fables, derrière la morale affichée. Pour cela, Olivier Chebrou de Lespinats associé 33 fables aux 33 degrés du Rite : « Ainsi, le Lion et le rat éclairent l’humilité de l’Apprenti ; Le Laboureur et ses enfants, la sagesse du travail intérieur du Maître Parfait ; Le Loup et l’Agneau, la justice vécue au moment de devenir Elu, etc. »
Il propose quatre lectures des fables choisies : littéraire, morale, initiatique, mystique. Le voyage est double, littéraire, cela va de soi, mais aussi intérieur. Les archétypes animaliers sont nos compagnons de route, suivant « une hiérarchie intérieure » bien établie. Ce bestiaire devient alors une « cartographie de l’âme humaine ». L’animal révèle. L’animal enseigne.
« Jean de La Fontaine n’a pas inventé les animaux parlants. Il en a fait, en revanche, les plus fins révélateurs de l’âme humaine.
Dans ses fables, chaque animal n’est jamais un simple personnage : il est un archétype, un reflet de nos forces, de nos faiblesses, de nos désirs et de nos peurs. Loin d’être naïves, ces figures animales opèrent une véritable psychologie symbolique bien avant que les sciences de l’esprit ne se constituent. »
Si l’auteur a choisi d’associer les fables au degrés du REAA, il s’adresse aussi à tout lecteur engagé dans une démarche initiatique, à travers les mythèmes, les symboles, les valeurs, notamment chevaleresques, portés par chaque fable qui, explique-t-il, favorise par sa construction une lecture ternaire, profane ou littérale, morale, spirituelle. Rire, ironie, distance, liberté sont au rendez-vous de chacune des rencontres avec soi-même proposée en ses fables par La Fontaine.
Il y a beaucoup, beaucoup, à apprendre dans ce livre.
[1] Staraselski, Valère. Le maître du jardin : dans les pas de La Fontaine. Paris. Le cherche-midi, 2011.
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