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Du mot à la parole. Le chemin du Rite français : transmettre et construire ? par Didier Molines. Editions Cépaduès, 111 rue Nicolas Vauquelin, 31100 Toulouse.
En avant-propos, Didier Molines, membre du Grand Orient de France, précise l’orientation donnée à ce travail sur le Rite Français :
« Nous pensons qu’au Rite Français, l’orientation du rite se fait du travail sur soi, dans les trois premiers Grades, vers le travail au service de la Société, dans les quatre Ordres de Sagesse.
Autrement dit, il ne s’agit pas d’un rite ésotérique, mais d’un rite exotérique. Cette caractéristique ne l’oppose pas aux autres rites, mais, au contraire, permet une complémentarité entre les démarches. »
Nous ne reviendrons pas sur les travaux de qualité qui démontrent le contraire et mettent en évidence la dimension hermétiste ou métaphysique du rite pour présenter la pensée de l’auteur.
Le Rite Français garantit pour Didier Molines un équilibre entre « réflexion philosophique » et « réflexion politique », assurant une progression dans la connaissance de soi-même, l’amélioration de soi-même, au service de la société et de l’humanité, autour du principe de la liberté absolue de conscience, principe dont l’application réelle se révèle fort difficile. Il voit dans les différentes approches maçonniques, spiritualistes ou non, un réseau créateur, au service du plus grand nombre, malgré les différences et surtout grâce à ces différences.
Il rappelle l’apport de la laïcité qui permet à chaque membre de l’Ordre maçonnique de concilier ses croyances religieuses ou philosophiques avec la démarche initiatique.
Didier Molines considère toutefois que les trois religions du Livre interdisent « toute réflexion personnelle, tout esprit critique. La notion de libre arbitre leur est étrangère. Quant à l’émancipation, elle constitue, pour elles, un véritable blasphème » or, cette assertion est fausse. Dans chacun de ces courants, l’esprit critique a pu et peut s’exercer, l’interprétation des textes y reste multiple et interrogée. Bien entendu, des crimes terribles furent commis et le sont encore au nom des religions mais tout autant au nom d’idéologies athées. Le problème n’est peut-être pas le phénomène religieux ou le phénomène idéologique en soi mais la propension de l’être humain à se laisser fasciner, pris dans le filet de ses besoins d’appartenance et de reconnaissance.
Plus intéressant est le chemin proposé, qui va du « Mot » à la « Parole ». Il est ici un chemin de cocréation collégiale soutenue par une méthode qui trouve sa source dans la pratique du rituel, méthode d’approfondissement qui nécessite une transmission. Celle-ci court tout au long du parcours du 1er grade au quatrième ordre du Rite Français. Didier Molines pose quelques repères sur ce parcours.
Ce livre intéressera avant tout ceux qui réduisent la démarche initiatique à une démarche philosophique sans pour autant se saisir de la rigueur des méthodes de la philosophie.
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