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Retour à l’Innocence Primordiale par Eric Edelmann. Editions L’originel, 7 allée de la Charmille, 67210 Obernai.
Eric Edelmann, Docteur en philosophie, védantiste dans la lignée d’Arnaud Desjardins, nous a déjà offert de nombreux livres importants. Parmi eux, signalons : Jésus parlait araméen et Mangalam, un parcours auprès d’Arnaud Desjardins, publiés au Relié en 2005 et 2007, En compagnie des sages, à L’originel en 2021 et, coécrit avec Sophie Edelmann, Dites-leur de viser haut ! Promesses et défis de la voie spirituelle, également au Relié, en 2020.
Avec ce nouveau livre, Eric Edelmann souhaite nous ramener aux bases, principes et approfondissements de la véritable méditation dans une perspective non-dualiste. En vingt et un textes méditatifs, il précise ce qu’est et ce que n’est pas la méditation dans un monde où tout le monde pense méditer. « Les méditations que je propose sont simples et accessibles sans pour autant être réservées aux débutants. J’ai souhaité, dit-il, que chacun, quel que soit son niveau de pratique, puisse y trouver une source d’inspiration ou encore des indications pour son propre cheminement. »
Avant que ne commence ce voyage méditatif, Eric Edelmann pose une question de perspective, question essentielle, « guérir l’ego ou guérir de l’ego ? » qui n’est pas sans rappeler la proposition d’U.G. qui affirmait que l’ultime guérison était l’éveil.
Eric Edelmann considère très justement que « si la méditation n’est pas intégrée dans une approche globale qui remet en question les fondements du moi, elle contribue inévitablement à son contraire, c’est-à-dire à son renforcement. » Ceci vaut d’ailleurs pour d’autres pratiques extraites de leur environnement traditionnel. Il rappelle que « la méditation elle-même ne peut pas dissiper les obstacles à la méditation ». Nous devons préalablement ou simultanément à la pratique méditative mettre de l’ordre dans notre vie, apaiser et détoxiquer nos systèmes énergétiques et psychiques, se rappeler à soi-même et à l’instant présent. L’assise, l’immobilité, deviennent alors vecteurs d’une réconciliation et d’une réunification avec soi-même et le monde.
« L’immobilité consciente ne constitue pas simplement à s’abstenir de bouger, mais elle est saturée d’énergie parce qu’il y a un maintien actif et constant, une tonicité sur laquelle nous allons veiller constamment. A la fois détendus et à la fine pointe de la vigilance, nous pouvons alors être absorbés et immobiles comme un tigre prêt à bondir sur sa proie. »
Eric Edelmann insiste à plusieurs reprises sur la posture, qui « évite l’imposture », sur l’accueil de ce qui est, sur l’établissement ferme en soi-même, sur la bienveillance envers l’autre comme envers soi-même, sur l’accès à une structure intérieure…
Ce qui paraît contradictoire à l’ego est généralement un paradoxe à explorer et traverser. Les mises au point préalables d’Eric Edelmann intéressent au-delà des méditations qui les suivent. Elles sont un rappel des bases indispensables pour entreprendre un véritable travail spirituel quelle que soit la culture qui le véhicule.
« La vie est impersonnelle et pourtant elle peut être éprouvée intimement – c’est le paradoxe, c’est cela le mystère, remarque-t-il. Redevenir comme des petits enfants, ce n’est pas une innocence psychologique. C’est fondamentalement une innocence spirituelle, une pureté, le fait de ne s’identifier à aucune forme. »
Un ouvrage précieux.
Site de l’ashram d’Eric et Sophie Edelmann :
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