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Champ Fleury par Geoffroy Tory. Editions Amici Librorum.
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L’ouvrage fut publié pour la première fois en 1529. Amici Librorum nous offre la réimpression anastasique de cette première édition.
Geoffroy Tory (1480-1533) fut imprimeur, libraire, relieur, éditeur, dessinateur, peintre, enlumineur, graveur, fondeur… Il fut imprimeur officiel du roi François 1er à partir de 1531.
Geoffroy Tory s’inscrit pleinement dans le mouvement humaniste de la Renaissance. Son œuvre majeure, Champ Fleury, véritable manifeste, est une belle illustration de la pensée artistique globale de la Renaissance. Ses recherches sont à la fois artistiques, typographiques et linguistiques. Le titre complet de l’ouvrage précise d’ailleurs : Au quel est contenu l’Art et Science de la deue et vraye Proportion des Lettres Attiques, qu’on dit autrement Lettres Antiques, et vulgairement Lettres Romaines proportionnees selon le Corps & Visage humain.
« Les illustrations de Champ Fleury, indique l’éditeur de cette réimpression, sont des exemples remarquables de l’art graphique de l’époque, chaque lettre étant traitée comme une œuvre d’art. La précision des gravures dans cette réimpression capture la finesse du travail de Tory et sa contribution à l’évolution de la typographie. Ces illustrations ne sont pas vraiment décoratives : elles incarnent les théories de Tory sur la beauté, l’ordre et la clarté dans la composition textuelle. »
L’œuvre ne répond pas seulement à une évolution et une normalisation technique, elle se fonde sur les mathématiques sacrées, la science des nombres et des proportions, la calligraphie initiatique. Geoffroy Tory poursuit un double objectif : susciter par la rencontre immédiate avec l’harmonie des lettres, le pressentiment du divin, conduire la raison vers une analyse de la structure de la langue comme reflet du Verbe. Chaque lettre se contemple, se médite, s’intègre dans la conscience pour y devenir opérante. Pour lui, les lettres sont vivantes.
L’ouvrage, à la croisée des sciences et des arts, témoigne d’un temps où la grammaire était encore une science initiatique permettant de découvrir le dessein divin, d’en approcher le code fondamental.
Cette belle réimpression a certes une valeur historique mais plus encore, elle est un rappel de la puissance créatrice des disciplines traditionnelles aujourd’hui délaissées.
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