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Eclaircissements sur les Pratiques occultes des Templiers (1851), Monographie du Coffet de M. le Duc de Blacas (1852) et Suite de la Monographie et Preuve du Manichéisme de l’Ordre du temple (1853) par Prosper Mignard. Editions Amici Librorum.
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Prosper Mignard (1802-1891) fut philologue, historien, archéologue mais aussi avocat. Bien qu’une impasse porte son nom à Dijon, il est aujourd’hui largement oublié malgré ses nombreuses publications de qualité.
C’est en cherchant à expliciter l’énigme d’un coffret, le « Coffret du duc de Blacas » ou « coffret d’Essarois », découvert en Côte d’Or, que Prosper Mignard s’est intéressé à la question templière.
Au cœur des trois études rédigées par Prosper Mignard se trouve la question des accusations formulées par Philippe le Bel (1285-1314) et ses acolytes contre l’Ordre du Temple, particulièrement celle concernant l’adoration supposée d’une idole appelée Baphomet, accusation qui a depuis des siècles fait couler beaucoup d’encre, mais aussi le sang. Derrière cette question qui servit au procès des Templiers pour justifier les condamnations, se trouve celle des rapports entre l’Ordre et le gnosticisme, abordés dans le premier texte : Eclaircissements sur les Pratiques occultes des Templiers. N’oublions pas que Prosper Mignard publie ce premier texte en 1851, soit une vingtaine d’année après la publication du Levitikon par Bernard Raymond Fabré-Palaprat (1773-1838), initiateur du néo-templarisme. Le sujet intéresse les milieux initiatiques et au-delà.
Dans la deuxième monographie, consacrée au fameux coffret du Duc de Blacas, Prosper Mignard débute par ces mots :
« J’ai fait voir, dans la première partie de ce travail, que la doctrine des émanations comprenait essentiellement la fusion des deux sexes dans tout personnage mystique, et que chaque éon, ayant la puissance créatrice en lui-même, était androgyne. Ces principes ressortent invinciblement du système de Valentin, système qui est comme la clef de voûte de l’éclectisme gnostique où ont trempé nos chevaliers du Temple… »
Sur le couvercle du coffret, se trouve une représentation androgyne analogue à celles découvertes sur d’autres coffrets. Prosper Mignard met en perspective ses figures très symboliques avec le Baphomet dans le cadre des gnoses dualistes.
Dans le troisième texte nous lisons encore ce passage très significatif :
« La doctrine manichéenne du Christ supérieur et du Christ inférieur est inscrite tout entière dans l’inscription arabe du coffret d’Essarois. Ainsi, Chantez Dieu notre Seigneur, est l’hommage à ce Dieu supérieur, hommage accompagné de celui que Manès et les adhérents qui ont suivi de plus près son hérésie, accordaient en même temps à l’âme universelle, INTELLIGENCE ou NETE. Vient ensuite dans l’inscription la mention du reniement, dont le sens ne peut que s’adresser au Christ inférieur, au Jésus passible attaché à la matière ; et les suites de cette hétérodoxie devaient être, ainsi que l’exprime encore l’inscription une source de joie et de bonheur. »
Les recherches de Prosper Mignard sont rigoureuses. Si elles ne permettent pas de conclure, elles élargissent le champ des investigations sur le sujet de l’Ordre du Temple. Même si depuis la publication des trois monographies, de très nombreuses recherches historiques ont permis de clarifier l’histoire tragique de l’Ordre du Temple, de nombreux questionnements développés par Prosper Mignard demeurent actuels.
Ce volume de bonne facture, avec de nombreuses illustrations, est une belle contribution aux études templières.
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