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Voici deux livres intéressants de Joanny Bricaud (1881-1934), figure du mouvement martiniste, réédités par Amici Librorum

Le mysticisme à la cour de Russie par Joanny Bricaud. Editions Amici Librorum.

https://www.facebook.com/amici.librorum/?locale=fr_FR

La réédition de ce petit livre de Joanny Bricaud, publié initialement en 1921 par les Editions du Voile d’Isis témoigne des rapports étroits et complexes du martinisme en général avec la Russie. Depuis ce livre, plusieurs travaux ont permis de mieux comprendre les composantes de cette relation, bien réelle mais parfois mythifiée. Le texte de Bricaud met en évidence un attrait, si ce n’est une fascination, pour le mysticisme russe et son influence au sein de la cour de Russie « de Mme de Krudener à Raspoutine ».

Nous trouvons, au moins depuis le XVIIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle et la Révolution bolchevique, divers courants ésotériques présents à la cour de Russie, parfois de manière anecdotique, parfois de manière beaucoup plus insistante. De nombreuses cours en Europe s’intéressèrent aux disciplines traditionnelles et firent appel à des astrologues, alchimistes, mages, mystiques ou autres, leur accordant parfois protection. Certains monarques furent influencés par de tels personnages, c’est le cas de l’empereur Alexandre 1er avec Madame de Krudener, une swedenborgienne. C’est encore le cas avec le célèbre Raspoutine et la famille Romanov.

« Mais, nous dit Joanny Bricaud, de tous les souverains d’Europe, les plus remarquables au point de vue de la croyance au merveilleux, furent certainement les Tsars de Russie. Il faut leur faire, sous ce rapport, une place à part.

De tous temps, la cour de Russie connut et subit l’influence des prophètes et des thaumaturges.

J’ai connu quelques-uns des étranges personnages qui y jouèrent un rôle pendant ces dernières années. J’ai pensé qu’il ne serait peut-être pas sans intérêt de présenter ces modernes illuminés, dont quelques-uns ne contribuèrent pas peu, par leurs pratiques étranges de dévotion et leurs mœurs scandaleuses, à jeter le discrédit sur la Cour de Russie. »

Nous retrouvons dans ces pages Wronsky, Papus et Maître Philippe, tous les trois, furent en relation avec l’aristocratie russe ou la famille impériale.

Au cœur des relations de la cour de Russie avec ces personnages se trouve le plus souvent la question de la guérison mais également des considérations politiques. Aujourd’hui encore, des dirigeants d’Etats démocratiques ou non démocratiques font appel aux dons occultes, réels ou supposés, de personnages plus ou moins rassurants.

L’ouverture d’archives nous permet aujourd’hui de mieux connaître les sociétés secrètes russes et leurs influences, favorables ou non, cependant il reste beaucoup à découvrir sur ce terreau ésotérique russe qui peur nous paraître étrange par ses excès.

 

Premiers éléments d’occultisme suivi de Eléments d’astrologie par Joanny Bricaud. Editions Amici Librorum

https://www.facebook.com/amici.librorum/?locale=fr_FR

Pour Joanny Bricaud, « l’occultisme enseigne non ce que paraissent être l’homme et la nature, mais ce qu’ils sont en réalité. Son but est donc de donner une solution à la fois positive et mystique aux grands problèmes qui nous tourmentent tous : Dieu, le Bien, le Mal, le Monde visible et invisible, l’Homme, l’Âme humaine et ses destinées. »

Cette définition, éloignée tout aussi bien des représentations populaires de l’occultisme que des considérations de ses adversaires ou même du regard académique, fait relever l’occultisme des voies d’éveil. Il s’agit bien de s’affranchir des apparences et des conditionnements pour saisir le Réel.

Si plusieurs mythes fondateurs de l’occultisme se croisent, Joanny Bricaud rattachent les différentes sociétés du courant occultiste au XIXe siècle à Emmanuel Swedenborg, le grand savant et voyant.

Après un rapide survol historique, Bricaud s’intéresse aux différentes théories qui fondent l’occultisme, « une philosophie traditionnelle en même temps qu’un positivisme transcendant ». Il insiste sur l’analogie comme méthode et énonce ses lois principales : loi du Ternaire, loi de la série, loi d’involution et d’évolution, loi des correspondances, loi de la composition des aimants, loi des signes d’appui qui est, dit-il, « la loi fondamentale de la Magie ».

Il en vient ensuite aux trois principes primordiaux de la constitution occulte de l’homme qu’il désigne comme corps physique, corps astral et esprit, à leurs fonctions et leurs possibilités.

Le second texte aborde l’astrologie comme une science dont la base est mathématique. Bricaud s’appuie sur les travaux de Paul Flambart. Le texte est avant tout pratique et vise à « fournir la clé qui permettra de dresser un horoscope sommaire ».

Ces deux textes méritent d’être lus ou relus, principalement le premier consacré à l’occultisme, afin d’éviter bien des malentendus sur ce qui fut désigné plus tard comme « l’occultisme de la Belle Epoque ». L’occultisme est avant tout une discipline sévère au sein d’un modèle du monde global recherchant notamment un accord créateur entre l’homme et la nature comme entre l’homme et Dieu.

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