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Homélies clémentines. Introduction, traduction et notes par Auguste Siouville. Editions Amici Librorum.
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La littérature pseudo-clémentine comprend deux ouvrages de grande importance, les Homélies clémentines et les Reconnaissances. Ces textes illustrent parfaitement les tensions entre le pôle judéo-chrétien (Jacques, Jean, Pierre notamment) et le pôle pagano-chrétien représenté par Paul (dans les Homélies, le personnage de Simon doit beaucoup à Paul). Jusqu’en 135 environ, les groupes judéo-chrétiens sont beaucoup plus influents que Paul qui reste marginalisé mais cette influence ne cessera de décroître et la doctrine paulinienne s’imposera dans l’Eglise même si elle semble la plus éloignée sans doute de l’enseignement du Jésus historique, juif s’adressant à d’autres juifs, basant son enseignement sur la Torah et son accomplissement.
Ce roman, puisqu’il s’agit d’un roman, est une opportunité pour s’interroger sur l’intention et l’enseignement de Jésus dans son époque, même si les Reconnaissances semblent davantage porter une doctrine structurée que les Homélies. Le roman rejette les interprétations erronées de la Torah, les modifications ou biais introduits dans les Ecritures et prend en compte le fait que Jésus connaissait parfaitement et respectait la Torah qu’il interprétait de manière profonde.
Cette édition est une réimpression de l’édition de 1933. Depuis, la recherche a permis de mieux cerner les sources et les enjeux du texte même s’il demeure nombre de zones d’ombre et des hypothèses qui restent à vérifier. Toutefois, la longue introduction d’Auguste Siouville reste pertinente en bien des points comme les similitudes et les différences entre l’enseignement de Pierre et celui de Mahomet qui permet de soutenir l’hypothèse d’une influence des Homélies clémentines sur la naissance de l’Islam. La lecture des Homélies clémentines est indispensable pour proposer une définition du judéo-christianisme des premiers siècles et fonder une définition pluraliste pour ce début de millénaire.
Les rapports très complexes entre gnosticisme juif, judaïsme orthodoxe et le christianisme palestinien, chacun étant une mosaïque très nuancée, apparaissent de manière prégnante dans les Homélies. Dans les Homélies, Pierre désigne Jacques comme Seigneur et évêque de la sainte Eglise, alors que dans Reconnaissances, c’est Jésus qui le nomme son successeur. Ceci illustre la tension entre judéo-christianisme et doctrine paulinienne.
Les Homélies sont au nombre de vingt. Elles sont précédées de la Lettre de Pierre à Jacques, d’un texte intitulé Contestatio ou engagement solennel, engagement qui prend significativement à témoin les éléments et enfin de l’Epitre de Clément à Jacques.
Les Homélies mettent en avant Jacques face à son adversaire Paul. Elles mettent en évidence que d’autres choix politiques auraient pu nous amener à un tout autre christianisme que le christianisme paulinien, sans doute le plus éloigné de celui des premiers temps de la construction du christianisme. Elles ne constituent pas toutefois une unité doctrinale et présentent des positions parfois contraires. Auguste Siouville évoque « une vaste mosaïque composée de morceaux disparates » sans doute le reflet d’un grand nombre de groupes s’appropriant et interprétant ce qu’ils ont entendu des enseignements de Jésus. Nous pouvons parler à l’époque de christianismes, perméables, qui s’offrent comme un organisme vivant et en mutation constante qui interroge aussi les rapports très élaborés entre judaïsme, gnosticisme, paganisme, voire avec d’autres courants spirituels ou philosophiques.
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