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OSS 117 et les James Bond à la française de Patrice Allart. Editions de L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France.

www.oeildusphinx.com

James Bond, si populaire, a écrasé la concurrence au point de tordre notre regard sur un véritable genre littéraire et cinématographique. Beaucoup de personnages plus ou moins inspirés du James Bond de Jan Fleming sont apparus dans sa suite dont, pense-t-on, OSS 117. Eh bien, non !

Si Jan Fleming publie son premier James Bond en 1953, sur une idée née l’année précédente, Jean Bruce, le créateur du célèbre Hubert Bonisseur de la Bath, OSS 117, lui donne vie dès 1949 dans la collection Spécial Police des éditions Fleuve Noir. OSS 117 n’est pas un clone de James Bond mais Jan Fleming comme Jean Bruce ne sont pas étrangers au monde des services secrets.

C’est toute l’histoire de cette littérature qui va alimenter le cinéma que détaille Patrice Allart. Elle est en France très liée à celle des mythiques éditions Fleuve Noir mais d’autres éditeurs, d’autres collections, sont à l’œuvre comme la collection Un Mystère aux Presses de la Cité que Jean Bruce rejoint en 1953, ou Le Masque à la Librairie des Champs-Elysées, et encore Série Noire chez Gallimard. Les auteurs sont souvent américains ou anglais mais quelques français font irruption comme Charles Exbrayat.

Patrice Allart note que les héros du genre sont souvent très différents sur papier et au cinéma. Des détectives ou des voleurs deviennent ainsi des espions pour coller au type James Bond, devenu à la mode.

La première partie de l’ouvrage dresse un « panorama chronologique des auteurs du Fleuve Noir espionnage et de leurs héros ». Il débute par Jean Bruce. La deuxième partie présente « quelques auteurs français d’espionnage de l’époque, aux Presses de la Cité ». La troisième partie concerne « quelques auteurs français d’espionnage de l’époque, précurseurs en Série Noire et au Masque ». La quatrième et dernière partie présente « quelques autres auteurs français d’espionnage de l’époque, chez Plon ». De nombreuses annexes viennent compléter la recherche.

Cette enquête, particulièrement poussée, nous permet de comprendre la richesse et les orientations d’une véritable littérature d’espionnage qui influence nos imaginaires. Patrice Allart parle d’un véritable « Âge d’Or du genre, qui correspond à l’existence de la collection Espionnage, 1905 volumes de 1950 à 1987 ».

C’est toute une culture populaire que saisit l’auteur pour la mettre en évidence et en perspective. Cette culture nous parle car nous en avons tous une expérience au moins partielle, que ce soit par le livre ou par le cinéma, que cela soit à travers les aventures du commissaire San Antonio de Frédéric Dard ou, en littérature jeunesse, de Langelot, personnage créé par le Lieutenant X, pseudonyme de Vladimir Volkoff.

C’est une promenade passionnante et éclairée dans un genre qui a conquis au fil des décennies une véritable reconnaissance.

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