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Pourquoi devenir Franc-maçon/ne ? (et surtout pourquoi le rester) de François L’Arpenteur. Editions Cépaduès, 111 rue Nicolas Vauquelin, 31100 Toulouse.
De ce titre, la deuxième partie, « et surtout pourquoi le rester », est la plus importante alors que le nombre de déçus de la Franc-maçonnerie ne cesse de croître, entre ceux qui la quittent et ceux qui restent par habitude.
L’auteur, qui a choisi le très beau nom de François L’Arpenteur, très conscient de cette situation, s’adresse « à ceux qui doutent » :
« Dans tout parcours maçonnique, il arrive parfois qu’un apprenti, un compagnon ou un maître, reste en deçà de ce qu’il espérait découvrir, recevoir ou connaître par l’encadrement susceptible de le faire évoluer. Par défaut de travail ou d’accompagnement, par manque d’observation et de références, les réponses obtenues s’avèrent d’un métal terne, sans épaisseur ni profondeur aucune, donc insuffisantes. »
Le livre concerne ainsi les profanes comme les initiés désireux de se retrouver dans la proposition de l’ordre maçonnique en posant un certain nombre de repères, de jalons, qui soutiennent ce qui se veut une démarche initiatique.
Il commence par questionner les rapports entre tradition initiatique et modernité, un thème qui traverse la Franc-maçonnerie aujourd’hui et souvent la met en tension, une tension qui peut être stérilisante ou au contraire créatrice.
« Dans son approche humaniste, la Franc-maçonnerie, nous dit François L’Arpenteur, se veut à la fois philanthropique, philosophique et progressive. Pour elle, la pensée rationaliste constitue un appel permanent à (re)définir la modernité et aborder les interrogations qu’elle soulève. Mais il ne faut pas oublier qu’elle associe et pratique deux démarches complémentaires, l’initiation, comme épreuve de l’être au monde et à la matière (ce qui est), et le symbolisme, comme rapport de l’être au langage et à la pensée (ce qui est dit). Ainsi sont réunies les conditions de l’échange entre les êtres, comme celles de leur développement. »
L’ouvrage propose quelques outils pour saisir la démarche en trois espaces :
« Être : 1 – Le Temple ; 2 – L’initiation ; 3 – Le symbolisme »
« Echanger : 4 – La tenue ; 5 – Le rite, le rituel ; 6 – La parole »
« Transmettre : 7 – La loge, l’atelier ; 8 – La planche ; 9 – L’égrégore »
Avec beaucoup d’ouverture, avec précision, en évitant une érudition assommante, c’est l’expression du processus initiatique maçonnique au sein d’un monde en changement permanent qui est esquissé. Il s’agit, nous dit l’auteur, d’être au monde, de devenir et d’a(d)venir :
« Aujourd’hui, reprend l’auteur, pourquoi devenir Franc-maçon ou Franc-maçonne ? Les pages qui précèdent dessinent déjà quelques ciels et paysages porteurs d’éléments de réponses à cette question, donc d’éclairement. Plus précisément, par la magie de cette géographie imaginaire et symbolique, s’ouvrent des voies susceptibles d’éveiller un intérêt qui renvoie, tel un miroir et ses reflets, à de plus personnelles préoccupations, bien avant de délivrer la perception d’un début d’infini, ou d’entrevoir le charme indécis d’une immensité ».
Et d’insister sur « être présent », « dépasser les apparences », « rechercher et dévoiler le sens », des fondamentaux trop souvent négligés.
C’est un ouvrage qui éclaire les chemins possibles, qui oriente et répond à quelques questions que se posent tant le profane intéressé que le Franc-maçon inscrit dans la démarche de l’initiation.
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