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Les cadavres n’ont pas toujours bonne mine de Philippe Colin-Olivier. Editions Glyphe, 75 avenue Ledru-Rollin, 75012 Paris.

www.editions-glyphe.com

Si vous aimez le roman noir, vous vous délecterez de ce roman à la fois féroce et tendre au rythme soutenu qui jamais ne vous fait décrocher.

Philippe Colin-Olivier met le lecteur dans les pas de Costes et Bernstein, deux « spécialistes de sécurité » embauchés par un milliardaire, Roland Arezzeau, personnalité complexe, qui va finalement séduire les deux voyous.

Gravement malade, Roland Arezzeau, décède, mais cette mort paraît suspecte tant les proches semblent avoir des intérêts, très contradictoires, à sa disparition.

Costes et Bernstein enquêtent, à leur manière. Ils ont leurs propres méthodes qui ne manquent pas de styles, parfois.

Les dialogues sont relevés mais délicieux. Ils soulignent les faces sombres des êtres humains. Le livre est politiquement incorrect, satirique aussi, et c’est un bonheur.

          « - Elle a mal encaissé ! dit Benstein.

  • T’imagines le choc ! Mets-toi à sa place. Aucun testament !
  • L’argent qui leur glisse des mains secoue plus fort les gonzesses qu’un coït au clair de lune !
  • De toute façon, c’est con de mourir, dit Costes.
  • Pourquoi crois-tu que je suis immortel ! »

Le lecteur ne tarde pas à jubiler, emporté par la gouaille des deux compères dont on se surprend à les souhaiter comme amis, ce qui, franchement, serait une mauvaise idée.

On frise souvent le burlesque, pourtant cette aventure riche en rebondissements et en imprévus semble très plausible. Les personnages ont un côté familier, banalement tordus, souvent équivoques.

« Bernstein lui ouvrit la porte de la Rolls.

Durant les trente minutes du voyage, Nadège resta silencieuse. Puis elle pianota des sms. Costes conduisait, il prenait plaisir à se laisser dépasser par ceux au volant de petites cylindrées, nigauds frétillants de leur fausse prouesse.

Bernstein se retournait fréquemment, il faisait mine de s’assurer par la vitre arrière qu’aucun danger ne surgissait. A chaque fois, il jetait un œil de braconnier sur les cuisses de Nadège. Le visage levé, elle s’en aperçut et, avec une ironie perchée, eut un demi-sourire.

Costes, inquiet, pensa que l’insistance de Bernstein était une idiotie. »

Bien entendu, ce livre est immoral, et c’est ça que le lecteur aime.

Outre l’intrigue, les mouvements, les tableaux et les dialogues épicés, dont on appréciera l’écriture, la construction, la justesse, sont choisis.

Le bon mot, au bon moment. C’est de la littérature.

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