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Les gardiens du Graal. L’ultime secret des Mérovingiens de Jean-Patrick Pourtal. Guy Trédaniel éditeur, 19 rue Saint-Séverin, 75005 Paris, France.
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Jean-Patrick Pourtal revient dans ce livre, sous la forme d’une enquête, sur les mystères, fondés ou non, qui entourent l’Ordre du Temple, la dynastie mérovingienne et le Prieuré de Sion.
L’ouvrage débute par une approche de la spécificité de la royauté mérovingienne entre histoire, mythe et tradition.
Dénonçant les conclusions erronées et les méthodes hasardeuses des auteurs de L’énigme sacrée, Henry Lincoln, Richard Leigh et Michael Baigent, qui défendaient l’hypothèse d’une filiation mérovingienne venant de Jésus, Jean-Patrick Pourtal nous entraîne sur une lecture autre, symbolique plutôt que biologique :
« Il est crucial, dit-il, de distinguer deux niveaux, celui du sang biologique qui est invérifiable et historiquement intenable et celui du sang symbolique qui lui est cohérent, opérant et structurant.
Ce qui est important, c’est la notion de deux paradigmes, les Mérovingiens ne sont pas les descendants de Jésus, mais ils occupent la même fonction symbolique que lui, car ils sont des médiateurs entre ciel et terre, ils sont les porteurs d’un sacré incarné et ils sont des figures d’une royauté non institutionnelle. »
Ce mythe, véritable résistance à l’institution catholique romaine qui déploie toujours un récit très politique, se développa souterrainement ou en pleine lumière au fil des siècles, notamment dans la littérature du Graal, jusqu’à nos jours qui voient nombre de sociétés dites initiatiques s’en revendiquer.
Les Mérovingiens, dit encore Jean-Patrick Pourtal, ne sont pas le passé, ils sont la mémoire refoulée de la royauté occidentale. Et c’est précisément parce que cette mémoire dérange, qu’elle n’a jamais cessé de hanter les siècles suivants. »
Il s’attarde sur le moment de bascule qu’est le passage des Mérovingiens aux Carolingiens, soit le moment ou « le sacré quitte le sang pour entrer dans le rite », une belle formule pour signifier la fin d’une royauté de fait ou de nature et l’émergence d’une royauté par transmission rituelle par l’autorité religieuse, « le passage d’une royauté cosmique à une royauté théologique, d’un pouvoir incarné à un pouvoir légitimé et d’une sacralité héréditaire à une sacralité conditionnelle ».
Le sacré glisserait alors vers les femmes, la tradition orale, l’amour courtois, la chevalerie spirituelle, les marges… Dans ce mouvement, une femme d’exception apparaît, Aliénor d’Aquitaine, qui incarne cette fonction féminine sacralisée.
Le reste de l’ouvrage est consacré à l’Ordre du Temple, sa spécificité, les mythes qui l’entourent jusqu’à nos jours. Se trouvent derrière ces mythes l’idée d’une transmission par le sang, « réelle, symbolique ou initiatique » qui se différencie, voire s’oppose au principe de la conquête de la connaissance par la démarche initiatique.
Se faisant, Jean-Patrick Pourtal opère un recadrage du sens de la construction bancale du mythe du Prieuré de Sion par Pierre Plantard, lui conférant une portée qui avait sans doute échappé à celui-ci.
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