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L’Agneau par Olivier Chebrou de Lespinats. Collection Ces symboles qui nous nourrissent. Editions La Tarente, Mas Irisia, Chemin des Ravau, 13400 Aubagne.
C’est en trois temps, qui se veulent initiatiques, qu’Olivier Chebrou de Lespinats nous convie à voyager au côté de l’agneau : « le temps des pas », « le temps du seuil » et « le temps de la transmission », soit « de l’entrée dans la bergerie à la remise du sceau ». Ce voyage, nous précise l’auteur, est tout intérieur, « fait de visions, de fables, de prières anciennes et de promesses silencieuses », nous sommes en poésie opérative.
Sur ce chemin initiatique qui va du visible à l’invisible, de la dualité à l’unité, quelques guides accompagnent le lecteur, chacun avec leur fonction propre : Siméon, sœur Marie-Luce, Rabbi Eliezer, Geoffroi le chevalier du Temple, Zacharie, Aliona, une fille du vent, et Elian « l’enfant muet, l’innocence incarnée ». Ils sont les porteurs de clés. Olivier Chebrou de Lespinats suggère les portes, au lecteur de les ouvrir. Les peintres sont également invités à souligner quelques points importants : Zurbarán, Rembrandt, Raoult, Chagall…
Evidemment, avec l’agneau, malgré la subtile païenne Aliona, nous sommes en plein judéo-christianisme :
« L’agneau, Job, le Christ souffrant, et l’homme juste accablé sont des miroirs de notre transformation intérieure Ils ne viennent pas apporter des réponses. Ils viennent nous faire descendre. Descendre dans notre nuit, là où la douleur devient passage, où l’ombre révèle sa lumière.
Jung montrait que Dieu lui-même, dans le Livre de Job, apprend de l’homme souffrant. Et je vis alors dans l’agneau non pas une victime, mais un révélateur. Un seuil. Celui que l’on franchit quand on accepte de ne plus fuir. »
Olivier de Chebrou de Lespinats reconnaît dans le sacrifice une promesse d’accomplissement par le retour au centre. L’agneau est terrestre, nourriture, spirituel, offrande et mystique, lumière, nous dit-il, trois cercles qui indiquent le centre. Tendu entre le profane et le sacré, le symbole de l’agneau les réunit.
Mythes, légendes, superstitions sont examinées, ils orientent. C’est Aliona qui verticalise, révélant l’axe qui relie le haut et le bas, le Ciel et la Terre, l’Un et le multiple.
Le texte, dans lequel l’auteur s’engage personnellement, cherche à faire parler chaque image de l’agneau que les vagues de notre imaginaire font remonter à la surface. Nous ne savions pas l’agneau si présent dans nos consciences, surtout l’agneau de l’Apocalypse de Jean qui scelle le renversement, du faible en fort, de la victime en juge, du prisonnier en affranchi, des ténèbres en lumière… Le dévoilement ultime.
Olivier Chebrou de Lespinats nous rappelle cette parole d’Hildegarde de Bingen : « Lorsque l’un chante l’agneau avec le cœur, le silence devient salle de guérison », des mots qui sont davantage qu’une parole de réconciliation, ils disent la puissance du centre.
Peu à peu, dans ce conte initiatique, l’agneau, d’abord témoin, se fait lui-même voie : « Il est la voie de l’être, l’appel intérieur, la clé du dedans ».
« L’agneau conclut Olivier Chebrou de Lespinats, n’est pas la fin d’un récit. Il est son filigrane invisible Il traverse les textes, les rites, les mythes et les psaumes. On l’entend dans les bergeries, dans le silence des temples, dans le murmure des prières nocturnes. »
Marque de l’âme retournée vers l’Esprit, l’agneau devient au fil de notre lecture, un compagnon discret mais de plus en plus présent.
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