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Taiji Quan. Pratique Cœur-Esprit par Bruno Boucher. Les éditions du relié, Groupe Trédaniel, 27 rue des grands Augustins, 75006 Paris.

https://www.editions-tredaniel.com/

Catherine Despeux attire notre attention sur la spécificité de ce livre :

« Cet ouvrage est singulier et unique, en ce sens qu’il retranscrit une expérience personnelle, celle de l’auteur, avec une finesse d’observation digne d’un spécialiste du corps et d’un formateur à la compétition en aviron qu’il est, donc quelqu’un qui sait ce que c’est que de chercher à dépasser ses limites et à suer chaque jour des heures pour obtenir un résultat. »

L’ouvrage, pratique et didactique, n’en est pas moins philosophique et spirituel. Il aborde notamment les règles du Taiji Quan, les subtilités du Qi et du Shen, l’importance du centre (Yao), le Jin, les principes essentiels de la pratique, avant de traiter des exercices de base, des enchaînements, de Tuishou, la pratique à deux, de l’approfondissement, etc.

Deux disciples du maître, Yue Huanzhi, Gu Meisheng et Xie Rongkang, jouèrent un rôle important dans le chemin considérable parcouru par Bruno Boucher :

« Ce taiji m’a appris à me laisser porter par le flux du temps, à accueillir ce qui vient sans chercher à résister ni à retenir, à me laisser traverser par le mouvement subtil et vivant de l’existence. »

Cet art martial est aussi un art de vivre en pleine conscience et liberté.

Dès les premières pages, il insiste sur le yao, le centre. « Sans l’édification de ce centre, dit-il, le reste demeure extérieur. »

Et il précise, ce que d’autres traditions expriment sensiblement de la même façon :

Cependant, le yao, ne désigne ni un point anatomique précis, ni simplement le centre de gravité, ni le champ de cinabre (dantian) ce réceptacle de l’énergie situé dans le bas-ventre. Il correspond plutôt à une fonction active, celle d’un pivot, d’un centre organisateur à partir duquel le mouvement se structure et se transmet. »

Et, il aborde de façon vivante et très parlante pour chacun le sujet de l’enseignement et d’un processus long et parfois douloureux de découverte :

« M. Gu m’encourageait : « Bucuo », littéralement « pas faux » en chinois et en gros l’équivalent de notre ; « pas mal, continue comme ça » en français. Le genre de compliment discret qui fait plaisir sans en avoir l’air. Et puis venait le fameux « mais », suivi d’une correction qui ruinait toutes mes certitudes. »

Bruno Boucher parle de patience, d’humilité, de persévérance… pour éviter un écueil bien connu sur les voies traditionnelles, martiales ou non, internes ou non, « Je pratiquais davantage pour confirmer ce que je pensais avoir compris que pour rester disponible à ce qui pouvait se révéler ».

C’est pourquoi les repères que pose Bruno Boucher sur ce « chemin sans fin » sont précieux et s’adressent à tous ceux qui souhaite « ajuster » leur pratique, quelle que soit le style et la voie.

Un cahier central, le chapitre VII, propose les exercices de base ou exercices préparatoires qui forme le socle de la pratique et sont trop souvent négligés.

Pour devenir un « homme vivant » ou un « homme complet », but de la pratique du taiji, il convient de dépasser la recherche de bien-être ou d’une meilleure santé, certes louable mais très réductrice de ce que permet cet art martial, véritable chemin de libération.

Ce livre répondra aussi bien à l’attente du débutant que du pratiquant « avancé » et parlera tout autant, par les fondamentaux qu’il met en évidence, à des individus réellement engagés sur une voie d’éveil, même de culture éloignée.

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