Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

 

 

 

L’apocalypse de la pensée. L’imp(a)nsable n°1 – janvier 2026. Le Grand Souffle éditions. 

https://www.legrandsouffle-editions.com/

Une nouvelle revue, « revue du non-savoir effectif » est née au début de cette année 2026, comme une réponse aux crispations sanglantes de ce monde égaré. Elle se désigne comme l’imp(a)nsable.

En ouverture du premier numéro de cette très belle revue d’avant-garde, au format carré (c’est important), Aurélien Réal, qui anime la revue-mouvement, et Nathanaël Flamant, débutent par ces mots, d’orientation non-dualiste :

« Celui qui se nomme l’homme, tout entier taillé dans l’élément mental, c’est-à-dire, le duel perpétuel de la pensée en vase clos, celui qui se nomme l’homme pense qu’il pense, il ne voit pas qu’il est pensé par la pensée. Pensant qu’il est ce qu’il pense, l’homme ne peut pas voir la pensée en train de penser et comment elle pense. Voir : tel qu’ici, d’emblée, nous le prononçons, en toute nécessité de clarté pour une réception improbable, mais au moins comme un choc dans la vitre de la pensée, le choc décisif et semble-t-il inadmissible qui anime notre geste depuis l’ouverture, il y a vingt ans du laboratoire de l’imp(a)nsable et son premier acte, l’effondrement du temps, voir n’est donc pas de la pensée, n’est pas de l’homme. »

Dans cet appel à « voir », les deux auteurs reviennent sur les avant-gardes du XXe siècle, Dada, surréalisme, situationnisme et autres pour tenter d’en décrypter le sens et le non-sens. Il est moins question de reprendre le flambeau que d’en allumer un nouveau, capable d’embraser les simulacres et les falsifications, les réduire en cendres pour laisser la place enfin libre pour une pensée non conditionnée et non conditionnante. Il s’agit d’ouvrir une brèche dans l’opacité, comme le souhaitait Lima de Freitas.

Souvent visionnaires, les auteurs, femmes et hommes, ici assemblés dans une queste commune de liberté et de silence, le lieu véritable de la pensée affranchie des conditionnements, cherchent à nous entraîner sur des chemins non balisés, qui apparaissent pas après pas pour disparaître derrière nous. Inutile de laisser des traces.

« C’est donc à vous que je m’adresse, interpelle puissamment Camélia Montassere. Vous, êtres de chair, de flux et d’influx, vous mes comparses trempés dans la même substance de vie, mais apparemment pas à même température de chauffe. Vous existez, vous n’êtes pas masse informe virtualisée. Je ne dis pas « ils délirent », bien que vos propos s’emmaillotent dans un délire paranoïaque, celui-là même dont vous taxez les complotistes. Je parle à votre entendement – sans espoir cependant car je sais de longue date que l’espoir tue en immobilisant la force vive dans l’attente d’un sauveur qui ne viendra pas, dans l’attente d’un dialogue qui semble impossible. Je ne dis donc pas « ils » délirent mais vous délirez ! Que dit donc délire ? De quel délit s’agit-il ? Il dit la pensée enfermée dans son céans qui pense dans la virtualité qui la constitue en prenant la manière intangible de sa manipulation sémantique pour le réel avéré et tangible. »

Il s’agit de sortir de l’ordinaire, du vulgaire, du banal, non pour un extraordinaire qui ne serait qu’un prolongement de ce ternaire mais pour du non-ordinaire, du non-vulgaire, du non-banal, du non-conditionné, le réel. Il ne s’agit pas non plus de rejeter par de stériles nouveaux clivages mais d’inclure absolument au prix, certes apparemment exorbitant, de la lucidité.

Développements rigoureux, incisions inattendues, poésies…, murmures ou cris… les rapports au langage et à l’écriture sont multiples dans ces pages, pour déciller les yeux et sortir les esprits de la torpeur. Libre ensuite à eux d’y retourner.

Pourtant, Lucia Diris nous avertit :

« Ici on meurt

Ici on nous tue.

Nous mourons à flot, par grappes, de maladies synthétiques que nos corps ne peuvent plus souffrir.

Ici nous mourons collabos, fatalement complice du geste qui nous élimine. »

Il y a peut-être véritablement urgence, cette fois. Ou pas.

 

Sommaire : La vue rêvée des avant-gardes par Aurélien Réal  et Nathanaël Flamant –  Du totalitarisme par Aurélien Réal – Lettre ouverte à Michel Surya et témoignage par Cyril Loriot – (cyril loriot), disparu par Aurélien Réal – Cinéraire d’Aurélien Réal – « L’impuissance de la pensée à se tenir à hauteur de l’horreur » – Michel Surya par Nathanaël Flamant – Séquelle(s) de Camélia Montassere – De l’Intellect – les intellectuels par Aurélien Réal - L’interdit des altitudes (extrait). Aux acteurs de la revue Ligne de risque de Cyril Loriot) – Le craquèlement des frontières de ma peau par Laure Avignon – Ici la terre de Lucia Diris – Artaud et la pensée de Nathanaël Flamant – Du corps-qui-meurt au corps-sans-homme, quel post-humain ? par Cyril Loriot – Humanité 2.0 la bible du changement – interview de Ray Kurzweil – Le monde et son double de Camélia Montassere – De la société du spectacle à la No society du spectral  par Aurélien Réal – Hurlements en fièvre de nuit par Aurélien Réal – invité : François Richard ou l’écriture clandestine.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :