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Mélusine de Jean-Michel Mathonière. Collection Les symboles de notre histoire. Editions Dervy. Groupe Guy Trédaniel éditeur, 19 rue Saint-Séverin, Paris 75005, France.

http://www.dervy-almora.fr/

Jean-Michel Mathonière rappelle au lecteur la légende de Mélusine avant de présenter les sources écrites.

« L’une des évocations les plus anciennes de la figure de Mélusine, précise-t-il,  est due à un clerc de la cour d’Angleterre, Gautier Map (vers 1210) dans son livre De nugis curialum (Contes pour les gens de cour) écrit entre 1181 et 1193. »

Ce texte se rapproche d’autres récits de la même époque. Deux siècle plus tard, nous aurons La noble histoire de Lusignan ou Roman de Mélusine en prose rédigé par Jean d’Arras à la fin du XIVe siècle sur une demande du duc Jean de Berry (1340-1416) et une œuvre de Coudrette intitulée Le Roman de Lusignan ou de Parthenay ou Mellusine, à la demande cette fois de Guillaume VII Larchevêque.

« La femme-serpent porte enfin un nom, indique Jean-Michel Mathonière : Mélusine (ou Melusigne chez Jean d’Arras, avec les variantes Mesluzine, Messurine, Meslusigne, Mellusine ou Mellusigne dans les divers manuscrits de la version Coudrette). »

C’est l’imprimerie qui favorisera la diffusion de la légende.

Après un bref détour par la mythologie grecque et des variantes ou adaptations, Jean-Michel Mathonière propose quelques interprétations rapides.

Le cahier iconographique est particulièrement beau et intéressant avec des œuvres  relevant de l’héraldique ou de la typographie.

Jean-Michel Mathonière pose enfin la question d’une origine juive de l’interdit autour du bain de Mélusine :

« Le bain de Mélusine et l’interdit de la voir le samedi pourraient-ils être le souvenir déformé de pratiques juives ?

On se souviendra à cet égard que le mikvé ou bain rituel est une exigence de la loi juive, généralement accompli le vendredi, c’est-à-dire la veille du shabbat, le septième jour de la semaine biblique, celui du repos. Or si Mélusine est de toute évidence une figure hérité de traditions païennes liées à la terre, à l’eau et à la fécondité, sa diabolisation par sa queue de serpent et sa métamorphose en dragon visent aussi à discréditer les anciennes croyances païennes en les assimilant à des formes du mal ; son assimilation à la judéité honnie fait partie de cette perspective. »

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