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L’Orient éternel. Visions et témoignages par Pierre Dangle. MdV Editeur, 16bd Saint-Germain 75005 Paris.
La formule « Orient éternel » est très commune dans les milieux maçonniques, si commune qu’elle reste souvent impensée. Quel est donc cet « Orient éternel » ? Quelle représentation ou parfois même expérience en avons-nous ?
Pour approfondir cette question, sans nécessairement y répondre, Pierre Dangle a choisi de recueillir des témoignages de membres de l’Ordre maçonnique présentant un long parcours initiatique. Les frères ont pour prénoms David, Gérard, Evariste, Jean, Antime, Joseph, André, Lucien et François. Aucune sœur par conséquent et c’est bien dommage.
Chacun de ces frères a un parcours bien singulier et une approche de la mort et de l’après-mort qui diffère mais tous font le lien avec le processus vécu dans l’initiation maçonnique en écho à leurs expériences personnelles.
Le frère David insiste sur le fait que « l’Orient éternel exprime un des buts de l’initiation. Un des plus importants en vérité, puisqu’il donne à la Loge et au Frère l’essence même de la vie et du travail à réaliser pour vivre en éternité et élargir son cœur de façon à connaître la lumière, dans sa cause comme dans ses multiples manifestations. Il faut essayer de percevoir et de faire vivre cette lumière qui a la particularité de ne s’être jamais éteinte et qui est transmise aux initiés comme un legs traditionnel ».
Certains ont, par leur vécu, une sorte d’intimité avec la mort, d’autres en ont une représentation plus abstraite, mais chaque témoignage démontre combien la mort, comme passage mais aussi comme perte, pèse sur nos destinées et sur nos cheminements initiatiques. « L’homme doit mourir avant de mourir, nous rappelle le frère Gérard. Plus vous penserez à cela, plus vous y découvrirez de signification. »
Quelle que soit la conception ou l’expérience de l’Orient éternel développées, nous nous rendons compte à quel point elle oriente consciemment ou inconsciemment notre quotidien. D’où l’importance du procès initiatique de mort et résurrection inscrite dans le mythe d’Hiram qui prépare le récipiendaire à ce passage obligé et pour le moins délicat.
« Contrairement à une affirmation très répandue dans les milieux maçonniques, avertit le frère Jean, tellement répandue qu’elle est devenue une sorte de lieu commun, trompeur comme tous les lieux communs, nul n’est assuré d’accéder à l’Orient éternel, ni de son vivant, ni après sa mort physique. Un jugement, à la fois humain et divin, est à vivre. Il détermine l’éventuel passage en cet Orient si particulier. »
Nous retrouvons la pesée des âmes de nombreux mythes traditionnels et à laquelle la vie rituelle préparerait.
« Au bout du chemin, conclut le frère Antime, se trouve une porte de feu, que ne peut franchir que ce qui est de la nature de la lumière. Cette lumière qui a été léguée au Maître d’œuvre par ses prédécesseurs, brille à l’Orient de la table du banquet, elle est celle de la tradition qui unit les initiés passés à l’Orient éternel en une étoile unique, l’étoile des sages. »
L’idée de ce livre est excellente. Les témoignages, très divers, véritables « paroles de vie », permettent d’approcher un sujet central en toute initiation et peuvent servir à l’instruction des membres de l’Ordre maçonnique.
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