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Dictionnaire des Artistes Francs-maçons à Paris de 1720 à 1815 par Daniel Morillon. Editions La Tarente, Mas Irisia, Chemin des Ravau, 13400 Aubagne.
Ils sont architectes, décorateurs, doreurs, ébénistes, entrepreneurs de bâtiments, géographes, graveurs, peintres et dessinateurs, portraitistes, miniaturistes, sculpteurs, statuaires… et Francs-maçons !
Plus de quinze années de recherches furent nécessaires à Daniel Morillon pour établir ce dictionnaire qui recense plus de 1100 artistes, membres de l’Ordre maçonnique de 1720 à 1815. Il lui fallut fouiller les archives des Loges du Fonds maçonnique de la Bibliothèque Nationale de France, le fichier Jean Bossu, conservé au même endroit, la base de données des titulaires de l’Ordre national de la Légion d’honneur, appelée Léonore, aux Archives Nationales, qui rassemble de précieuses informations, et les Archives manuscrites Alain Le Bihan conservées à la Bibliothèque du Grand Orient de France à Paris. Nous imaginons le travail de fourmi qu’a nécessité ce dictionnaire appelé à devenir un indispensable outil.
En préface, Pierre Mollier nous dit l’enjeu :
« Aucune étude systématique des relations entre la Franc-maçonnerie et le monde des arts n’avait été jusque là entreprise. Pourtant, l’homme est un, et les artistes sont aussi soumis aux idées de leur temps et aux milieux dans lesquels ils évoluent. Connaître et cerner les liens maçonniques d’un peintre peut permettre de mieux comprendre certains aspects de sa personnalité, son rapport au monde qui l’entoure, voire apporter un éclairage complémentaire sur son œuvre et les conditions de sa réalisation. »
Bien entendu, remarque Pierre Mollier, l’influence maçonnique sera différente pour l’artiste engagé dans la durée dans une démarche maçonnique et celui qui n’aura fait que quelques petits tours en Loge. Chaque fois que possible, Daniel Morillon nous fait part de la nature et de la profondeur de cet engagement. Nous pouvons ainsi rechercher dans les œuvres de l’artiste les traces d’une influence maçonnique. L’inverse, l’influence de l’exercice de son art dans la vie initiatique de l’artiste, n’est accessible que s’il a laissé des écrits à ce sujet ou par les témoignages de ses proches.
Certaines notices sont brèves, d’autres sont étendues selon les sources retrouvées. Trois index nous permettent de voyager dans ce dictionnaire : un index des noms, un index des Loges, et un index par profession. L’index des Loges permet de repérer les Loges qui ont reçu davantage d’artistes sur leurs colonnes comme le Chapitre d’Arras ou La Clémente Amitié, la Loge Saint-Antoine du Parfait Contentement ou encore Les Neuf Sœurs… Une bibliographie précise complète l’ouvrage.
Comme le remarque Pierre Mollier, ce dictionnaire est destiné d’abord à aider les chercheurs, notamment les historiens de l’art ou de la Franc-maçonnerie, mais il est bon aussi de flâner au hasard dans ses pages pour découvrir des personnalités, des parcours, artistiques et initiatiques, des ambiances historiques, des faits oubliés.
Cette œuvre unique en son genre est d’ores et déjà un ouvrage de référence. Elle intéressera bien davantage que les spécialistes car c’est un témoignage puissant de la richesse et de la complexité des êtres humains.
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