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Les Hommes sans Epaules n°60. Les Hommes sans Epaules Editions, 8 rue Charles Moiroud, 95440 Ecouen.

www.leshommessansepaules.com

Le numéro 60 des HsE débute par un éditorial de Fernando Arrabal sur l’exil, l’exil, véritable terre des poètes comme des immortels jusqu’à l’arrivée de l’exil de l’exil :

« En exil, la science et l’art font le lien entre l’esprit et la beauté. Serait-il excessif de dire que précisément l’art et la science n’ont nul besoin « d’assis » mais de saints… plutôt même que de révolutionnaires ou de réformateurs avec leurs plans tirés au cordeau ? L’exilé peut être confiné comme une chauve-souris… pour écrire comme un aigle royal. Avec talent, il utilise tout ce dont il se souvient, et avec génie tout ce qu’il oublie. Grâce à cela, il espère se libérer de la dégradante obligation d’être un artiste de son temps. L’art pour l’exilé c’est la patrie qui l’accompagne. L’amour charnel ne l’émeut que lorsqu’il est peint come désastreux ou maladroit. L’exilé n’est pas suspendu au désir stupide de provoquer. La provocation surgit, imprévisible comme le succès ou l’amour. C’est en exil qu’il est le plus facile de se passer du bonheur. L’histoire, plus que le fait, répercute son écho dans la légende. Mais chaque époque se nourrit d’illusions pour ne pas mettre un linceul au présent. Puissé-je jouir toujours de cette immense aurore et de cette patineuse nommée théâtre et poésie ? »

Sommaire :

Editorial : "Quand j'ai quitté mon pays...", par Fernando ARRABAL
Les Porteurs de Feu : Josep Vicenç FOIX, par Boris MONNEAU, Jordi Pere CERDA, par César BIRÈNE, Poèmes de Josep Vicenç FOIX, Jordi Pere CERDA

Ainsi furent les Wah 1 (Mémoire et exil) : Poèmes de Ramon LLULL, Miguel de UNAMUNO, Pablo NERUDA, Luis BUNUEL, Salvador DALI, Lucia SANCHEZ SAORNIL

Focus 1 : Le chemin de Collioure ou le romancero de la poésie espagnole, de Lorca à Machado, en passant par Hernandez : par Christophe DAUPHIN, Poèmes de Federico GARCIA LORCA, Antonio MACHADO, Miguel HERNANDEZ

Focus 2 : La Catalogne en poésie, par Christophe DAUPHIN
Dossier : J. V. FOIX & le surréalisme catalan, par Boris MONNEAU, avec des textes de Josep Vicenç FOIX

Ainsi furent les Wah 2, Poètes catalans d'avant-garde : avec des textes de Boris MONNEAU, Poèmes de Carles SINDREU, Alexandre PLANA, Sebastia SANCHEZ-JUAN, Agusti BARTRA, Joan BROSSA, Joan PERUCHO, Josep-Ramon BACH, Benet ROSSELL, Carles SANTOS, Joan PALOU, Vicenç ALTAIO, Felicia FUSTER

Une Voix, une oeuvre : Robert Rius le passeur surréaliste, par Rose-Hélène ICHÉ, Olivier BOT, Poèmes de Robert RIUS

Ainsi furent les Wah 3, De Catalogne et d'ailleurs : Poèmes de Paul PUGNAUD, FRANKETIENNE, Alain FREIXE, Jaume PONT, Norbert PAGANELLI, André-Louis ALIAMET, Aytekin KARACOBAN, Marie MURSKI, Patrick TAFANI, Catherine BOUDET, Frédéric TISON, Jumana MUSTAFA

Les pages des Hommes sans Epaules : Poèmes de Marc PATIN, Jean ROUSSELOT, Jean BRETON, Elodia TURKI, Henri RODE, Christophe DAUPHIN, Alain BRETON, Jacques ARAMBURU, Paul FARELLIER
Etc.

         

Ce numéro est principalement consacré aux poètes et peintres catalans, notamment à ceux qui luttèrent contre le franquisme. L’exil, de corps ou d’esprit, est ainsi très présent dans leurs œuvres. Au côté de noms familiers comme Miguel de Unamuno, Federico Garcia Lorca ou Antonio Machado, nous découvrons bien des talents peu connus en France.

Le dossier nous présente Josep Vicenç Foix (1893-1987), prononcez « Foch », qui fut proche du surréalisme mais s’en différencia également. Il laissa une œuvre considérable, très variée, à la fois littéraire et politique, saluée surtout dans ses dernières années de vie. Le dossier, dirigé par Boris Monneau rend compte des divers axes de recherches de ce grand penseur.

 

« Nous désirions la mort en de sombres traverses,

Les bras levés, et nous disions : – Toi, qui es-tu ?

Et lui ? – Puisque nous étions maints, moirés, nous y étions tous.

Voyez : elles aussi, opulemment nues,

Les bras levés, et moirées, au bord

Des abîmes du soir, par des sentiers d’errance,

Cueillant sur l’Arbre Intact le fruit iridescent,

Ou de frêles fils de nuit tissant une maille secrète… »

 

Il est aussi question du catalanisme roussillonnais avec Jordi Père Cerdà, poète-passeur et passeur tout court pendant la deuxième guerre mondiale quand il fait passer Juifs, résistants et clandestins du côté espagnol entre 1942 et 1944.

 

« Je me souviendrai de ce jour

où la Gestapo nous suivait

pistant dans la neige le sang tiède.

 

Je me souviendrai des maisons

qui nous ouvraient leur porte,

brèche dans la nuit glacée.

 

Je me souviendrai de Mas

passant des gens fuyant la France

un jour de tempête.

 

Je me souviendrais de Jean,

Josep, Boris et Maurice

qui mourut là-bas à Neuengamme.

 

L’hiver nous mord l’échine ;

chien fou déchaîné,

hurle le vent comme sirène.

 

A présent, les camarades entreront

s’enlevant la neige à la porte.

Leurs yeux étincelleront… »

 

Mais ce n’est là qu’un aspect de la création catalane que nous pouvons découvrir dans ce volume. Tous les domaines de la vie, les domaines d’intensité sont présents à la fois dans les œuvres et dans les parcours de leurs auteurs.

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