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L’attente sans attente par Eric Baret. Editions Almora, 19 rue Saint-Séverin, 75005 Paris, France.

www.editions-tredaniel.com/

Ce livre est composé selon la forme traditionnelle du dialogue. Le titre, L’attente sans attente, est emprunté à Jean Klein. Eric Baret explique ce choix :

« Cette attente se révèle sans attente car nous ne pouvons nous représenter que le passé même si nous l’imaginons comme futur. Elle est disponibilité et demande un lâcher-prise du connu et de l’anticipation. Nourri par l’intensité du silence, ce questionnement de l’image d’un soi-même est le cœur de ces dialogues. Ce n’est pas quelque chose à réaliser ou à s’approprier mais à laisser émerger dans des moments de grâce qui nous habitent tous, quelles que soient nos résistances. »

Dans ces échanges aux multiples entrées mais avec une unique orientation vers la liberté, Eric Baret interroge nos conditionnements, nos rapports au monde, nos comportements, non pour condamner ou induire un changement formel, mais pour apprendre à « voir ».

« Dans une situation qui ne vous convient pas, donnez-vous de plus en plus intensément à cet inconfort, et vous verrez que l’inconfort n’est pas inconfortable, il est ce qu’il est. Alors, quelque chose va commencer à se passer, et ensuite c’est la vie qui s’organise. Mais vous n’aurez plus l’impression d’agir ni d’être agi. Vous aurez une impression de mouvement dans l’immobilité et d’immobilité dans le mouvement. »

Il invite à renoncer au besoin, et à la prétention, de comprendre pour se rendre simplement disponible. Il invite à s’extraire de l’illusion tenace du contrôle ou de l’effort.

« Tout ce qui vous arrive est donc uniquement le résultat de vos conditionnements psychologiques et physiologiques. Il n’y a pas de volonté possible. La volonté est un imaginaire, une appropriation. La volonté n’existe pas. On a une réponse naturelle à un événement puis on s’approprie l’événement et on a l’impression que l’on a eu besoin de beaucoup de volonté pour faire cela, mais ce n’est pas vrai. »

Au passage, Eric Baret rétablit le mot dans sa fonction première.

« En Occident, on a tendance à utiliser les mots pour définir quelque chose, alors que le mot devrait être au contraire utilisé pour pointer vers quelque chose, en restant libre de son entendement. C’est pour cela que les textes traditionnels sont généralement entendus. (…) La sagesse est faite pour être entendue, non pour être lue, parce que l’entendement est au-delà de la pensée. »

Initialement, ce livre n’avait aucun titre et cela faisait « sens ». De la même manière, il est impossible de le présenter, ce qui est sans doute le meilleur critère pour nous pousser à le lire, ou mieux à l’entendre, ce que permet la forme du dialogue, une forme qui n’exclut pas la beauté et la poésie, même si celles-ci ne sont jamais recherchées. Elles sont là simplement, parfois.

« Ne cherchez pas de réalisation métaphysique, suggère Eric Baret, ne cherchez pas à vous laisser prendre par quoi que ce soit, ne rentrez pas dans la fantasmagorie de « l’instant présent » - conceptualisation qui ne veut rien dire -, mais voyez votre fonctionnement. Une mouche se pose sur vous, voyez votre réaction. Votre ami vous dit telle chose, voyez votre réaction. Vos parents font telle chose, voyez votre réaction. Le voisin fait du bruit, voyez votre réaction. On vous bouscule, voyez votre réaction. On ne vous écoute pas, voyez votre réaction. C’est cela qui est important. C’est cela l’intensité ; il faut être passionné par sa propre réactivité : c’est cela la métaphysique, le reste n’est que des mots… »

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