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Les idées philosophiques et religieuses de Philon d’Alexandrie par Emile Bréhier. Editions Amici Librorum.
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La réimpression de l’édition de 1908 de ce livre important pour approcher la pensée et l’œuvre de Philon d’Alexandrie est une occasion de revenir sur ce philosophe juif, le plus important de l’Antiquité, surtout connu du monde chrétien.
Philon (environ – 20, environ 45) a beaucoup intéressé les auteurs chrétiens, dont Origène, à la recherche des origines du christianisme. Si sa vie est peu connue, ses écrits venus jusqu’à nous le sont davantage.
C’est un philosophe juif au sein de la diaspora grecque, certaines de ces idées se retrouvent dans les Epitres de Paul, lui aussi influencé par la pensée grecque. Philon a insisté sur la complémentarité entre le Pentateuque et la pensée platonicienne, mais il puise également dans de nombreux autres courants philosophiques grecs dont le stoïcisme.
Nous trouvons chez Philon l’idée de Dieu comme architecte de l’univers. Il a principalement développé le concept de Logos, ce qui l’a conduit naturellement vers celui de Sophia. Son interprétation hellénistique de la Bible, son immense commentaire de la Torah, son éclectisme élégant, font de lui un auteur indispensable pour comprendre le monde juif de l’époque et le milieu alexandrien, carrefour des cultures.
La première partie de l’ouvrage est consacrée au judaïsme, au peuple juif, à la loi juive et à la méthode allégorique qui n’est considérée en rien comme arbitraire à l’époque de Philon, elle est très répandue, des stoïciens aux néo-pythagoriciens. Les voies de détour empruntées par la méthode allégorique ne sont pas sans lien avec les écoles de mystères.
La deuxième partie de l’ouvrage traite de « Dieu, les intermédiaires et le monde ». La partie la plus importantes aborde la théorie du Logos, centrale chez Philon et à laquelle fera écho plus tard l’Evangile de Jean. Parmi les intermédiaires se trouvent le cosmos, les anges mais aussi la Sophia, la Sagesse, épouse de Dieu, fille de Dieu, mère du Logos, épouse du Logos, en tous les cas essentielle. Philon s’intéresse aussi à l’esprit divin.
La troisième partie développe le sujet du culte spirituel et du progrès moral. Il y est question de la divination, de l’extase, du culte intérieur. Chez Philon, le progrès moral n’est jamais un système. Les valeurs sont présentées dans leur rapport à la quête spirituelle à travers différents filtres philosophiques.
Philon n’est pas un maniaque du concept pour le concept, il reste proche de sa propre expérience, de sa propre intimité spirituelle. Pour lui, souligne Emile Bréhier, toute révélation est intérieure, c’est peut-être pourquoi Philon est si peu dogmatique et que ses écrits peuvent encore aujourd’hui nous parler.
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