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Le Point Zéro. Un zen radical de Fabrizio Bajec. Editions Accarias L’Originel, 3 allée des Œillets, 40230 Saint Geours de Maremne.
https://originel-accarias.com/
Moine zen, Fabrizio Bajec a une longue pratique du bouddhisme en différentes formes. Avec ce livre, il témoigne de son expérience du zen sôto mais aussi du tchan et d’autres approches non-dualistes, en passant par des philosophes occidentaux, parfois par la psychanalyse.
« Les êtres ayant connu la réalisation de leur véritable nature (éveil), nous dit-il en son introduction, ont toujours enseigné et continueront d’enseigner le dharma qui leur a été transmis, sans se laisser bluffer par les mots, c’est-à-dire sans attachement aux concepts ni aux textes, mais en faisant confiance à leurs expériences directes de la Présence. »
C’est cette approche, la plus libre possible, qui guide la démarche d’écriture de l’auteur.
Le « point zéro », ou « l’avant tout », toujours présent mais insaisissable, sauf dans la non-saisie, constitue la trame de ce livre, soutenant, de chapitre en chapitre, les nombreux sujets abordés qui, tous, participent de la pratique d’une vie pleinement consciente.
« Être, nous dit Fabrizio Bajec, est la chose la plus simple et la plus ardue à réaliser. C’est se tenir tranquille, en déjouant le piège du divertissement, au sens pascalien du terme. »
Parmi les nombreux sujets abordés, nous trouvons la nature des concepts, la mystique, la question de l’injustice, de l’impermanence, de l’ignorance, du travail, l’invisible, la voie directe, l’éveil mais aussi le goût du saucisson car questionner l’évidence peut s’accomplir à partir de n’importe quel objet. C’est le rapport à l’objet qui est déterminant, non l’objet lui-même.
Le chemin parcouru, si chemin il y a, est celui d’un zen sauvage, entendons libre des institutions et des formes : « On est plutôt sur une voie solitaire, intérieure, non ritualiste, dépouillée, celle de l’homme sans affaires, toujours libre, donc sauvage ».
Poèmes, anecdotes, citations de textes anciens se mêlent heureusement à des considérations plus personnelles, ou au contraire impersonnelles, pour donner une orientation, une saveur unique, une cohérence à cet ensemble qui pourrait sembler hétéroclite mais qui est, comme la vie, disponible pour ce qui se présente.
« Etant donné qu’il faut bien s’adapter en collectivité et communiquer en suivant des conventions langagières, on dira que tout est réel sur un plan historique. Il y a bien des gens qui se parlent, s’aiment, ou se font la guerre. D’un autre côté du miroir (une image, car il y a en fait un seul côté !), personne ne participe à ce cirque, donc pas d’événement, pas de temps lié au sujet, pas d’espace délimitant les phénomènes.
Dire Un n’est pas tout à fait juste. On devrait reprendre le titre très inclusif d’une œuvre littéraire du XXe siècle : Un, personne, 100.000 (Luigi Pirandello). Ou juste Ceci. Ceci est au-delà de la vérité et du mensonge. »
Il n’est pas nécessaire de faire zazen pour plonger dans ce livre. Quelle que soit la démarche du lecteur, et en l’absence même de démarche, le propos concerne tout individu simplement attentif.
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