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Les Rose-Croix lyonnais au XVIIIe siècle par Paul Vuillaud. Editions Amici Librorum.
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L’ouvrage devenu classique de Paul Vuillaud est en réalité consacré aux membres de l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers fondé par Martinès de Pasqually.
L’œuvre de Paul Vuillaud (1875 -1960) embrasse de nombreux sujets mais il est avant tout un spécialiste de la kabbale à laquelle il consacra plusieurs ouvrages. Il publia également sur Léonard de Vinci, Shakespeare, Spinoza, Dante… avec un souci de vérité qui le conduisit régulièrement à renoncer à la neutralité « scientifique » de l’historien pour prendre parti. C’est le cas avec cet essai plutôt hostile aux disciples de Martinès de Pasqually.
Le titre de l’ouvrage se justifie par les premières pages, peu favorables, consacrées très succinctement au courant rosicrucien depuis le manifeste Fama Fraternitatis RC et à leur influence.
« En résumé, dit-il, le Rosi-Crucianisme est composé de mysticisme illuminé, en union avec l’alchimie et l’astrologie, le magnétisme et la communication avec les esprits, sinon avec le Verbe lui-même ; il est composé tantôt avec l’une ou avec l’autre de ces formes du merveilleux et de l’occulte, tantôt avec plusieurs. Ce mouvement se développera et se perpétuera en s’agrégeant, corporativement ou non tout d’abord, les gens en fièvre de connaissances suprasensibles. Chemin faisant, il augmenter le nombre de ses maîtres, en se réclamant de tous les théosophes isolés : Boehm, Jeanne Leade, Antoinette Bourignon, etc., formant une chaîne patristique. Le progrès de son évolution ne sera pas même arrêté par les Entretiens du Comte de Gabalis. »
Paul Vuillaud saute ensuite directement au grade maçonnique de Rose-Croix, ignorant bien des aspects du rosicrucianisme des XVIIe et XVIIIe siècles, avant d’en venir au véritable sujet du livre, les archives Willermoz qu’il va investiguer consciencieusement mais partialement, ignorant souvent le contexte initiatique et l’histoire, certes complexe, du martinisme.
L’intérêt de l’ouvrage réside dans cette première plongée, même très imparfaite, dans les archives de Jean-Baptiste Willermoz. Nous avons bénéficié depuis, notamment grâce à Robert Amadou, d’une analyse beaucoup plus objective et étayée de ces documents.
Paul Vuillaud s’intéresse à la correspondance entre Martinès de Pasqually et Jean-Baptiste Willermoz, à l’abbé Fournier, à la carrière maçonnique de Willermoz et la naissance du Régime Ecossais Rectifié. Un chapitre est consacré au Convent des Gaules. Chaque sujet est principalement traité à partir de documents alors en partie inédits. René Guénon, commenta le livre dans le Voile d’Isis en janvier 1930. Tout en appréciant la mise à disposition de ces documents, il regrette le ton ironique des commentaires de l’auteur.
La lecture de ce livre permet de comprendre la réception parfois hostile du martinisme au sens large, encore aujourd’hui, dans certains milieux maçonniques, et non maçonniques, peu alertés sur la richesse de la scène initiatique européenne.
Sa réédition est donc une contribution à la connaissance de l’histoire du milieu initiatique « lyonnais » qu’il convient de replacer dans son contexte historique en prenant en compte le positionnement idéologique de son auteur.
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