Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

 

Le symbolisme du miroir de Thomas Grison. MdV Editeur, 16 bd Saint-Germain, 75005 Paris – France.

http://www.mdv-editeur.fr

 

Si le miroir nous est familier, omniprésent dans nos maisons, nous avons oublié de le penser. Thomas Grison revient sur le sujet afin d’identifier ses différentes fonctions profanes et sacrées et ce qu’il nous indique du rapport que nous entretenons avec l’apparaître comme avec l’être.

 

Il commence par rappeler l’importance du miroir en Egypte antique, présent dans les rites funéraires, dans les représentations de l’offrande du miroir à la déesse. Si le miroir renvoie à la beauté, il s’agit d’une beauté divine, de l’harmonie céleste. Il est aussi un rappel du regard des dieux sur l’être humain.

Platon saura utiliser le miroir sur un mode symbolique ou métaphorique, mais nombre d’autres penseurs l’utiliseront comme Plotin, Sénèque, Apulée, saint Paul… parfois comme symbole de l’accès à l’âme, parfois comme symbole de la défiguration de l’âme dans l’incarnation.

 

Le miroir nous est aussi connu comme instrument de divination. Depuis la plus haute Antiquité, le reflet a été un support à des mancies diverses ou considéré comme une porte vers d’autres mondes. La littérature s’est emparée du sujet, Lewis Carroll, bien sûr, et, plus près de nous, J.K. Rowling et son célèbre Harry Potter, sans oublier le miroir de Jean Cocteau dans La Belle et la Bête ou Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, entre autres.

 

Dans l’iconographie, notamment chrétienne, le miroir tient aussi une place intéressante, parfois importante. La Vierge, nous rappelle Thomas Grison, est désignée comme « miroir sans tâche » :

« Marie, mère du Seigneur, est celle par qui la lumière céleste est renvoyée sur le monde dans toute son intégralité et dans toute sa pureté première et divine, sans aucune corruption : n’est-elle pas d’ailleurs le « miroir de la sainteté divine » ou le « miroir de justice », selon ce que nous rapportent les différentes versions des Litanies de Lorette ? »

 

Le miroir, continue-t-il, est également en relation avec la figure de Marie-Madeleine. Thomas Grison s’attarde sur une peinture importante du Caravage, Marthe et Marie-Madeleine, dans laquelle un miroir discret invite à « la conversion du cœur ». Le miroir est à la fois symbole de futilité, voire de luxure et symbole de rédemption. Le miroir est un objet très présent dans la peinture, non seulement pour des raisons techniques et artistiques mais aussi symboliques.

Thomas Grison fait cette intéressante remarque :

« … dans l’iconographie occidentale de la fin du Moyen Âge et du début de la Renaissance, les peintres choisissent davantage le miroir convexe lorsqu’il s’agit de figurer la Vierge (le miroir sans tache) ou l’allégorie de la Prudence. Par opposition, le miroir plat apparaît davantage dans les thèmes de la Femme au miroir et de la Vénus au miroir. Ceci nous permettra d’inférer que, par apport au miroir plat, le miroir convexe semble nettement plus valorisé que le miroir plat, lequel semble privilégié pour les motifs touchant plutôt au domaine profane, où le miroir plat est davantage associé au plaisir de la chair et de la séduction. »

 

Le dernier chapitre de l’ouvrage traite du miroir dans la Franc-maçonnerie. Introduit en Franc-maçonnerie par le Régime Ecossais Rectifié, le miroir a des significations plus ou moins profondes selon les rites. Le miroir est à la fois un appel à se connaître soi-même ou à se garder de soi-même et un outil qui indique l’Orient.

 

Instrument troublant, le miroir, qui évoque la question du double, renvoie à l’altérité et à la dualité tout en symbolisant le chemin vers la non-dualité.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :