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La Française du Nil de Yolaine Destremau. Editions Pierre-Guillaume de Roux.

www.pgderoux.fr

Beau sujet, traité avec brio. Belle écriture. Le nouveau roman de Yolaine Destremau nous conduit sur le Nil, qui irrigue l’Egypte éternelle, à travers la vie d’une famille peu conformiste et attachante.

 

L’histoire se développe comme les tableaux-miroirs d’une exposition dont les sujets seraient les personnages à différents moments, en différents lieux. Si l’époque est contemporaine, le souffle mystérieux de l’Egypte ancienne parcourt toujours le Nil comme ses felouques, références traditionnelles au milieu de la modernité.

 

L’héroïne, Gaia, croise les chemins de Luis, un brillant avocat qui deviendra son compagnon et de Mansour, propriétaire d’une felouque et gardien d’une tradition artisanale de navigation sur le Nil. De ces rencontres, naîtra une entreprise de croisières sur le Nil, confrontée aux aléas de l’économie et de la politique du pays.

« C’était partout la même chose. Elle eut soudain envie de pleurer. Il n’y a avait rien à faire, ce pays était irrécupérable. Le poids des traditions barbares, la pauvreté, le manque de structures publiques, l’indifférence qui gagnait ses habitants, incapables de maintenir un semblant de propreté dans les villages. La médiocrité des dirigeants. Leur corruption. Leur obscurantisme. A quoi bon lutter ? Il n’y aurait jamais de miracle, juste l’enfer. »

 

Mais, heureusement, hier comme aujourd’hui, il y a le Nil. Lui-même est un personnage central de l’histoire, celui qui donne la vie. Il y a aussi Gurnah, un village que Yolaine Destremau connaît bien par ses nombreux séjours, situé au bord du Nil près de Louxor.

Grande voyageuse, Yolaine Destremau entraîne le lecteur avec elle, le Mexique, Miami, l’Ardèche, Alexandrie pour mieux rejoindre Gurnah et le fleuve.

« Le chantier naval d’Alexandrie : une appellation bien poétique pour l’entassement et la succession de cabanes en bois peint qui s’étendaient sur des kilomètres. Des carcasses d’embarcations de toutes sortes, des débris indéfinissables, des monceaux d’instruments et de machines, des fragments de bois, de fer, de métal, un amoncellement indescriptible. Et de temps à autre, dans ce chaos de fin du monde, quelques planches assemblées, une silhouette de bateau en construction, fine et courbée, une esquisse dressée, altière, encore pleine de creux et de trous à combler, mais qui semble dire : vous me verrez bientôt sur l’eau, vous comprendrez ce dont je suis capable, vous doutez, car pour le moment je ne suis pour vous qu’un projet, mais voyez déjà comme je me tiens, remarquez la grâce de ma coque en bois de mimosa, de mon superbe mât qui attend d’être poli, revenez dans quelque temps, vous n’en croirez pas vos yeux.

Voilà l’Egypte, songea Gaia, un miracle au milieu de l’enfer. »

 

Ce sont la passion, l’amour et l’amitié, l’intelligence des instants, un engagement sans faille, qui permettent à Gaia de traverser les épreuves dans un pays agité et dangereux, de concrétiser ses rêves et de poursuivre son combat pour la liberté des femmes, sous le regard d’Eros. «  Eros, dit-elle, dieu de l’amour, est aussi dieu de la puissance créatrice et de l’audace. »

 

Site de l’auteur :

http://www.yolaine-destremau.com/index.php

 

 

 

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