/image%2F0562708%2F20261101%2Fob_94cfcf_couv-fanck-farnel.jpg)
Le Rite Français à travers l’histoire par Franck Farnel. Editions Cépaduès, 111 rue Nicolas Vauquelin, 31100 Toulouse.
Dans un livre de belle facture, Franck Farnel propose une excellente synthèse, étayée par les sources historiques accessibles, sur les trois grades et les ordres de sagesse du Rite Français.
Franck Farnel prend en compte deux fragilités d’où découlent les deux premiers fils de son exploration, le troisième fil étant celui des institutions. Le premier fil naît d’un décalage entre l’appellation du rite et sa matière qui lui est antérieure.
« Le deuxième fil, dit-il, relie le manuscrit à la pratique. Un cahier indique ce qui doit être dit et accompli, mais il ne conserve pas tout : intonation, rythme, gestes appris par imitation, qualité de la lumière, habitudes d’atelier. A l’inverse, la seule mémoire orale peut dériver ou oublier. L’histoire du rite se tient entre ces deux fragilités. »
Ces mots sont davantage qu’une remarque, ils fondent une méthode qui met en évidence les faits sans pour autant se limiter à ceux-ci pour identifier des processus constructifs au service du rite.
Franck Farnel commence par présenter le Rite Français à travers l’histoire. Sachant qu’il y a toujours une histoire avant l’histoire : « Avant d’être un nom, le Rite Français fut un ensemble de gestes, de paroles et d’habitudes transposés d’une rive à l’autre de la Manche ». Cette première partie, très dense, permet au lecteur de développer une vue d’ensemble des évolutions, des congruences et des incongruences qui conduisirent à l’élaboration du rite.
Viennent alors les études de l’architecture des trois grades à travers les rituels. Franck Farnel parle de la « grammaire d’une tenue », expression très pertinente pour aborder ce qui est bien un langage initiatique spécifique qui donne vie au rite et prépare à l’organisation en quatre ordres des hauts grades. Sans cette grammaire, aurait-il été possible de passer d’un « foisonnement des hauts grades » à la « méthode » et la mise en ordre que nous connaissons aujourd’hui.
Après nous avoir rappelé les obstacles rencontrés : condamnations religieuses, antimaçonnisme et hostilité des dictatures dont celle du régime de Vichy, Franck Farnel en vient à l’identité du Rite Français ou Moderne, identité qui se construit à partir de la transmission, d’une permanence, même réduite, qui autorise la restauration et la validation par la pratique sans exclure la confrontation aux documents.
« Le plan, nous dit Franck Farnel à propos du livre qu’il désigne comme une monographie, suit la logique d’un chantier. Les fondations historiques précèdent l’expérience des trois grades ; le temple, les outils et les offices rendent visible la méthode ; les Ordres supérieurs prolongent les problèmes ouverts par la maîtrise ; les persécutions rappellent enfin que toute transmission dépend de libertés civiles et de personnes capables de conserver les traces. »
A lire tant pour le contenu que pour la méthode.
/image%2F0562708%2F20150101%2Fob_0f0075_imagecroco003.jpg)