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La merveille des symboles de Michel Cazenave, Editions Arma Artis.

Aujourd’hui, le  « symbolisme » est devenu une véritable tarte à la crème des milieux spirituels. Réduit le plus souvent à la fonction d’indicateur ou de représentation, le symbole a perdu son caractère opératif, sa puissance dynamique de changement et sa dimension de connaissance issue de l’imaginal. A travers quelques symboles choisis, Michel Cazenave nous propose de renouer avec cet art traditionnel.

« Prendre avec soi », c’est la proposition qui est faite ici au lecteur. Accueillir pour accéder au mystère. Laisser vivre le symbole en nous, hors d’une raison intellectuelle inscrite dans la dialectique dualiste, hors de la nominalisation qui fige le vivant.

Michel Cazenave s’intéresse d’abord aux éléments, la terre, l’eau, l’air, le feu, l’éther puis aux sens, le goût, l’odorat, le toucher, la vue, l’ouïe et « l’au-delà des cinq sens ». Puis son choix, conséquent, se porte sur le jardin, la rose, le lis, le lotus, l’aubépine, le narcisse, la vigne, les arbres, l’arbre et la mère, le pommier, le figuier, le palmier, l’arbre masculin et l’arbre féminin. Nous noterons l’unité de ce choix très « sensoriel » et « sensitif » qui traduit la volonté de l’accès direct au sens à travers la perception immédiate de ce qui est là. C’est ainsi que le symbole peut être pris avec soi, compris littéralement.

L’art du symbole est uni à celui de la poésie car seule la mise en mots poétique peut faire osciller le symbole dans cet « entre-deux » où il se révèle et enseigne par une dialectique subtile.

« D’où la nécessité de revenir aux racines de la réalité symbolique en ce qu’elle est chargée de nous rendre visible ce qui est, dans son essence, de l’ordre de l’invisible, de nous introduire au mystère tout en préservant le secret de ce mystère fondateur : précaution élémentaire, à moins de dériver dans le simple fantasme ; et d’autant plus nécessaire quand on s’intéresse à un symbole puissamment composite comme l’est celui de l’eau. »

Michel Cazenave met en garde contre la crispation dualiste qui oppose découverte et invention (le sens profond du mot « initiation », rappelons-le) :

« Il me semble qu’en réalité, ce qu’on peut dire de la découverte et de l’invention, c’est que ce sont deux facettes de la même chose et que nous avons à fabriquer ce que nous sommes en réalité. C’est ça, la véritable poésie : c’est justement qu’advienne le monde tel qu’il est et tel que nous le faisons se révéler à travers la métamorphose de notre regard. De ce point de vue-là, il me semble que notre inscription dans l’univers est justement quelque chose que nous faisons apparaître, de ce qui est profondément inscrit au fond de nous-mêmes, et qu’en le faisant apparaître, nous le construisons pourtant au fur et à mesure. Il y a là quelque chose – je suis obligé de le dire avec des mots – qui dépasse le langage même dans la mesure où le langage, c’est d’abord le silence. Le véritable poème – c’est là aussi un peu paradoxal – c’est une expression même du silence. D’une certaine façon, je me demande si la contemplation ne se fait pas dans un silence essentiel et si une véritable communication, ce ne serait pas quelque chose qui se produit de cœur à cœur, d’âme à âme dans un silence qui trouverait ses mots pour le dire… ? »

Editions Arma Artis, BP 3, 26160 La Bégude de Mazenc.

http://arma-artis.com/

Tag(s) : #Tradition
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