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La Lettre du Crocodile

La Lettre du Crocodile

Chroniques littéraires dans les domaines de l'initiation, des philosophies de l'éveil et des avant-gardes : Franc-maçonnerie, hermétisme, bouddhisme, shivaïsme, surréalisme, pensée contemporaine...


AVEL IX

Publié le 28 Avril 2011, 09:45am

Catégories : #Poésie

AVEL IX n°25, poésie, art, littérature par Les Amis de la Tour du Vent.

         Belle livraison de cette revue bâtie autour de l’œuvre et de la personnalité exemplaires de Théophile Briant.

         Sommaire : Le voyage intérieur de Christian Charrière – Chaque jour est un voyage par Béatrice Balteg – Il s’agit d’un voyage… à travers l’œuvre de Christian Charrière par Josée Geyres-Berthelet – Quelque spas avec Armand Robin par Jean-Louis Legros – Nomades et sédentaires, notes remarques et souvenirs par Lorand Gaspar – Le visible et l’invisible : 20 poèmes d’auteurs différentsLe voyage vu par Théophile Briant de Paul Cassard – Louise Vincent-Blandin par Louis Vincent -  Du renouveau à Saint-Malo par Gérard Prémel – etc.

         Il flotte bien entendu sur ces écrits l’air marin et l’envie de voyages lointains, intérieurs ou extérieurs, un appel sans concession à la liberté. Saisie au hasard, cette citation d’Armand Robin (1912-1961) qui rejette l’étiquette de « poète » pour y substituer celle de « travailleur anonyme » :

« Les poètes de ce siècle, on les reconnaîtra au fait qu’ils auront tout fait en toute circonstance pour être le plus mal possible avec tous les régimes successifs, avec toutes les polices, avec tous les partis (…). Sur tous les plans, une indépendance totale vis-à vis de tout. »

         Lorand Gaspar poursuit, dans une étude tout à fait pertinente sur le nomadisme :

         « Mais tandis que les derniers nomades (en compagnie de tous ceux qui n’arrivent pas à franchir le pas de la productivité industrielle) sont partout décimés par la faim, amputés de leurs étendues, de leur mobilité essentielles à leur survie, l’esprit nomade de l’homme est loin d’être mort.

         Les errants, les migrateurs, les contestataires d’ordres et d’idées reçus, ont existé de tout temps à l’intérieur de toutes les grandes civilisations solidement organisées, contribuant, sans le savoir, à leur renouvellement.

         Et tout à fait comme à l’époque à laquelle nous allons nous intéresser, il y eut et il y aura sans doute parmi eux des bandits, des assassins, des penseurs, des artistes, des savants et des saints.

         L’esprit nomade peut se manifester dans la rapine et le crime, autant que dans la pensée et dans l’amour. »

         Plus loin, il rappelle que « El Shaddaï, le Dieu du Père des Patriarches, n’a pas de sanctuaire fixe, il accompagne, oriente et protège la migration » avant de se souvenir de Dionysos :

         « Réfléchissant à toute cette dynamique d’opposition et d’interaction entre nomades et sédentaires, désert et fertilité, de construction et de dévastation, de récompense et d’expiation, j’ai pensé tout à coup à Dionysos, divinité manifestement d’origine asiatique, faisant irruption dans la belle ordonnance et la clarté apollinienne.

         N’est-ce pas un peu la turbulence de l’esprit nomade qui bouscule ainsi les rapports conformes, les lois de la proportion et de la lumière ? Les Olympiens avaient refoulé les Titans et autres divinités chtoniennes dans les profondeurs de la terre, Dionysos n’est-il pas un peu le retour de ce refoulé ? Tout en étant depuis les temps mycéniens un élément indispensable de la religion grecque, Dionysos n’est jamais entièrement intégré dans la Cité.

         Ses sanctuaires sont plutôt devant que dedans, à la manière d’un campement nomade. Il a partie liée avec la nature non civilisée, il se meut parmi les forces sauvages. »

 

         Il faut entretenir

         un paradis perdu

         dans son cœur et son âme,

         s’en approcher sans cesse

         sans l’atteindre jamais. 

 

         Ce début d’un poème de Gérard Le Gouic nous livre peut-être la clef de la quête poétique, nécessairement nomade. Et il conclut :

        

         Notre nature est dans l’exil

         du paradis perdu

         il ne nous est pas plus

         enviable situation.

 

Association des Amis de la Tour du Vent, 87 avenue Kennedy, 35400 Saint-Malo, France.

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