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Construire Dieu et le monde. Regard d’un Franc-maçon de Marc Halévy. Collection Regards croisés. Coédition Académie maçonnique de Provence et Editions Ubik.

https://www.helloasso.com/associations/academie-maconnique-provence/evenements/les-livres-amp-ubik-editions

Marc Halévy propose de renouer avec le principe de l’aristocratie spirituelle pour « Construire le monde pour Dieu. Construire Dieu pour le monde. » La formule n’est pas seulement belle, elle pourrait être une définition de la Grâce, auto-communication de Dieu avec lui-même à travers la Nature. Marc Halévy précise ce qu’il entend par « aristocratisme » : « est aristocrate celui qui met son existence au service de ce qui le dépasse infiniment au-delà de l’humain ». Nous ne sommes pas très éloignés de « la voie magique des héros » chère aux hermétistes. L’important, nous dit-il, est que le principe de l’aristocratie « dépasse en fait toute idée de pouvoir ». Si l’initiation est un processus aristocratique de construction du Réel, il commence au-delà de l’illusion du pouvoir, sous toutes ses déclinaisons.

Marc Halévy part du principe qu’il convient de proposer « une vision du monde la plus pertinente, cohérente et complète possible » sur laquelle construire. Il examine quelques modèles, en soulève les contradictions pour mieux interroger, traquer parfois, la possibilité des essences, essence de l’espace, essence du temps, essence de l’énergie… Il en résulte une synthèse métaphysique rassemblant quelques propositions constitutives d’une vocation, d’une démarche, d’une éthique en vue d’un accomplissement, non de la personne, de l’homme mais « de l’Un dans le champ de potentialités qui est le sien : celui de la pensée créatrice ».

C’est ce processus d’accomplissement que développe Marc Halévy dans la deuxième partie de l’ouvrage pour approfondir finalement une « métaphysique du Devenir » qui exige un changement de regard et un autre rapport au langage qui conduit au recours à la poésie pour donner l’intuition de l’indicible. « Tout est processus », nous dit-il, dans les pas de Whitehead. C’est autour de la question de la liberté, liberté divine et liberté humaine que la pensée de Marc Halévy se précise au mieux dans une métaphysique non-dualiste qui écarte toute ontologie :

« Dieu est libre.

Sa liberté est absolue.

Sa liberté n’est limitée que par ce qui n’est pas encore créé : elle ne joue que dans le créé.

En s’accomplissant, l’Un étend sa liberté. Il se libère de l’inconnu, de l’incréé, des possibles-non-encore-réalisés. »

Nous sommes avec ce livre, très ajusté, au cœur du processus du Réel qui est le processus même de l’Initiation qui nous conduit de la dualité de l’apparaître à l’évidence de la non-dualité par l’exercice de la Liberté. Métaphores, exemples, questionnements permettent au lecteur de s’extraire de la pensée sujet-objet pour dépasser le regard ontologique comme le regard messianique.

Marc Halévy « conclut » par un « manifeste constructiviste et téléosophique » qui distingue trois âges civilisationnels organisés autour de trois questions bien connues : « où suis-je ? », « qui suis-je ? », « que fais-je ? ». Cette dernière question permet de dépasser les oppositions dualistes pour envisager la mise en œuvre, fondamentalement constructiviste, à partir d’une Intention originelle qui demeure :

« On peut affirmer que le Réel a un sens, non parce qu’il est orienté vers une finalité qui aurait été orientée à priori, mais bien parce qu’il est guidé par une même intention renouvelée à chaque instant présent. »

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