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Shavas de Bernard Denis-Laroque. Editions L’Harmattan, 5-7 rue de l’école Polytechnique, 75005 Paris.

https://www.editions-harmattan.fr/index.asp

Le roman fascinant de Bernard Denis-Laroque bénéficie d’une construction littéraire originale, à la fois journal d’aventure, scénario de film et puzzle.

Glyphes du plateau de Nazca (qui fut à l’origine d’un superbe manga), guerre des Malouines, trafic de drogue, dérives totalitaires, sciences cachées, fusions nucléaires, alchimie, mystères des civilisations disparues et autres thèmes traditionnels ou contemporains s’intriquent pour tisser la trame de l’aventure partagée entre trois héros, Gaëlle, journaliste, Charles, agent de la DGSE et Jules Canéli, alchimiste, le tout dans un esprit proche de celui du réalisme fantastique.

Tous les trois veulent préserver les secrets du grand-œuvre de divulgation publique ou d’appropriation par des personnes peu scrupuleuses.

Le roman débute il y a 3600 ans à Nazca avec Shava-Nua « prêtresse du Feu-des-Anciens », feu qui relèverait à la fois de l’alchimie et de connaissances anciennes sur le nucléaire. Nous retrouverons cette lignée des Shavas à notre époque. Bernard Denis-Laroque nous fait voyager dans le temps, dans l’histoire et dans les mythes : Nazca, les pyramides d’Egypte, Rome antique, Troyes… Il veut privilégier l’histoire et l’archéologie aux mythes, conscient toutefois que les deux sont appelés à se confondre parfois. Par les questions qu’il pose sur la fonction de certains temples et pyramides de l’antiquité, nous pouvons penser aux travaux trop peu connus de Louis Boutard sur des sciences perdues mais inscrites dans l’architecture des temples ou dans l’art statuaire.

Cependant, le livre aborde aussi des questions sociétales comme le fonctionnement de certaines banlieues françaises, les rapports entre pouvoir et trafic de drogue, ou la nécessité d’une approche systémique des problèmes contemporains.

« Gaëlle se replongea dans la lecture de la thèse de Pauline Dummoulin. Selon la tradition, cette Table d’Emeraude aurait été écrite par Thot bien avant le règne de Khéops… C’est-à-dire au début du troisième millénaire avant notre ère ou à la fin du quatrième. En tout cas entre l’invention de l’écriture égyptienne, vers -3500 ans et le règne de Khéops, vers – 2600 avant notre ère. Elle dit que la table serait restée enfermée dans la pyramide jusqu’au deuxième ou troisième siècle de notre ère. Alors, se demandait Gaëlle, comment la tablette de Pablo est-elle possible ? Pauline Dummoulin a démontré qu’après la disparition des Shavas, personne ne connaissait plus l’écriture Shavas. Les Paracas étaient une société peu évoluée, qui n’avait évidemment pas d’écriture et les Nazcas ne savaient même pas que l’écriture existait… Pablo n’imaginait pas que sa tablette pût être de l’écriture. Il est donc exclu que cette tablette soit un apocryphe postérieur, une tablette composée par un mystificateur après la fin des Shavas. Elle est forcément Shavas. »

Bernard Denis-Laroque développe une thèse qui rappellera à certains les articles de la regrettée revue Planète mais actualisée par des évolutions scientifiques récentes. Surtout, ce roman palpitant ne cesse de surprendre le lecteur. Le rythme rapide et le jeu croisé des intrigues maintient la tension tout au long du roman, stimulant un imaginaire tant visuel que littéraire sur une base historique et archéologique.

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