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Sagesse et compassion. Les deux ailes du bouddhisme de Jacques Scheuer. Editions Les Deux Océans, Groupe Dervy, 19 rue Saint-Séverin, 75005 Paris, France.

http://www.dervy-medicis.fr/

Jacques Scheuer est un spécialiste des religions orientales et un sanskritiste, professeur émérite à l’Université de Louvain.

Habité par l’intuition et la connaissance chrétiennes, il ajoute à un sens aigu de la pédagogie une dimension interne profonde dans ce travail de découverte des fondements spirituels du bouddhisme.

Evitant à la fois les développements érudits trop pointus et les commentaires rapides, Jacques Scheuer cherche à « saisir les rapports complexes entre sagesse et compassion, tels qu’ils sont progressivement apparus dans différents courants de la pensée et de la pratique du bouddhisme ».

« Comment donc comprendre, comment rendre compte du rapport entre « sagesse » et « compassion » ? L’une précède-t-elle l’autre ? La seconde serait-elle un produit dérivé, une mise en pratique de quelque message de sagesse bien plus substantiel et décisif ? Un cycle (majeur) de sagesse serait-il suivi d’un cycle (mineur) de compassion ? S’il est permis de suggérer dès le départ une hypothèse de travail, ce serait plutôt celle d’une spirale dans laquelle « sagesse » et « compassion », au sens large qui a été provisoirement indiqué, se relancent mutuellement dans un heureux mouvement sans commencement et sans fin. »

S’appuyant sur des textes fondamentaux, c’est avec l’éveil du Bouddha que commence son propos. Le Bouddha, après l’éveil, n’aura de cesse de diffuser son enseignement « par compassion pour les générations futures ». Il développe, sur la base du « noble chemin octuple » une véritable culture du don. C’est progressivement que les rapports entre sagesse et compassion vont se construire et s’établir dans les différentes écoles bouddhistes avec des nuances et des interrogations, que ce soit dans le monde indien ou dans le monde chinois et des degrés divers de non-dualité entre voies gradualistes et voies directes. La compassion pourrait être le fruit naturel de la non-séparation indépendamment des engagements requis.

Prendre soin de l’autre relève de l’universalité. Et le propos, voire la proposition de Jacques Scheuer, ne se cantonne pas au bouddhisme, loin s’en faut. Dans la période de bouleversement que l’humanité traverse désormais, le couple sagesse-compassion, à quelque niveau qu’il soit abordé, est à la fois un espoir et une réponse « technique ». Si l’éveil reste l’ultime guérison, avant cela, bien des plaies peuvent être soignées, des douleurs apaisées par une compassion nourrie de sagesse et une sagesse portée par la compassion.

En explorant la géographie du bouddhisme en ses différentes expressions, en questionnant les doctrines, en identifiant ce qui demeure dans les enseignements, en distinguant les moyens, habiles ou non, ce sont des valeurs, sans doute universelles, et des pratiques engagées qui peu à peu sont mises en évidence comme une réponse aux maux de ce monde. Prendre conscience de la souffrance et de « l’inter-être » est le premier pas pour un ajustement salutaire et indispensable.

Si Jacques Scheuer permet au lecteur, à travers les textes les plus importants du bouddhisme de saisir le jeu subtil entre sagesse et compassion, il aborde aussi « les nouvelles manières d’accorder « sagesse » et « compassion » dans le monde bouddhique contemporain ».

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