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La Tradition initiatique de Didier Michaud. MdV Editeur, 16 bd Saint-Germain, 75005 Paris – France.

http://www.mdv-editeur.fr

Malgré une introduction un peu confuse sur la question d’une Tradition primordiale et son rapport avec les traditions, ce livre présente plusieurs points intéressants.

Pour l’auteur, la tradition initiatique peut être appréhendée comme une entité féminine, une mère, puisqu’elle donne la vie dans une seconde naissance. Il note que dans la langue de l’Egypte antique, les mots « père » et « mère » sont représentés respectivement par des pictogrammes représentant un serpent à cornes (une vipère) et un vautour, animal aux multiples qualités que sa mauvaise réputation masque malheureusement, ce qui lui permet de rappeler l’importance de la femme dans le procès initiatique mais aussi de la lignée.

C’est à travers le sujet de la lumière que Didier Michaud exprime au mieux ce qu’il entend par Tradition :

« On peut voir également la Tradition comme un prisme qui reflète des facettes de la lumière, permettant de l’appréhender, de lui donner forme, comme les couleurs dont Goethe disait qu’« elles sont les actes de la lumière », la multiplicité manifestant l’unité de la tradition initiatique. On pourrait dire que la Tradition est une forme de la Lumière, un de ses aspects perceptibles à travers ses symboles et les œuvres qui la reflètent. La forme juste, reliée au ciel, dépasse l’humain, elle est vivante au-delà de nous. Ainsi l’œuvre dédiée au Principe s’inscrit dans la tradition initiatique qui n’est pas de nature humaine. »

Si, pour l’auteur, la tradition initiatique est un chemin de connaissance, elle ne peut cependant être saisie que hors du temps (il convient de « stopper le monde » pour reprendre la formule de Gurdjieff) et dans sa dimension communautaire :

« La Tradition ne peut émaner d’un individu mais d’une communauté. La Tradition est incarnée dans le temps grâce aux initiés, mais elle n’est pas de ce monde.

Le plus bel acte rituel pour vivre cette tradition initiatique est la chaîne d’union. Il s’agit de découvrir l’esprit par la main, et de vivre la Tradition par un acte de voie brève avec toute la chaîne de la Tradition. Cet acte est le premier contact avec le monde des causes où l’énergie circule et donne à accomplir la Tradition. »

Didier Michaud porte un regard pertinent sur la question délicate de la transmission, évitant l’écueil dualiste habituel des visions temporelles linéaires et causales :

« La permanence de la Tradition tient au fait que tout ce qui la constitue est de l’ordre de l’éternité : le Feu et son action pour faire une création vivante, en transmutation. Lorsque la Loge fait comme les dieux ont fait, elle utilise sa connaissance des puissances de création et de leur manière d’agir. C’est l’un des buts du rituel comme enseignement.

Ce qui est le plus étonnant est la capacité de la Tradition à transmettre ce qui n’a jamais été transmis, et c’est bien pour cela qu’elle n’est pas un chemin historique reflétant le passé, mais un chemin qui est devant nous, authentique plénitude de découvertes. »

L’actualisation permanente de la Tradition, qui demeure, dans et par la situation elle-même, est la véritable transmission, libre de toutes les contingences et corrélations apparentes. Ce rapport restitue aux paroles, rites et symboles, leur puissance créatrice.

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