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Un Franc-maçon lit l’Evangile de Jean de Jean Bartholo. Editions Télètes, 51 rue La Condamine, 75017 Paris.

L’Evangile de Jean a une fonction importante en Franc-maçonnerie. Dans la plupart des rites, le Franc-maçon prête serment sur le prologue de cet Evangile et les deux Saint-Jean rythment l’année maçonnique. Le Franc-maçon est reçu dans une Loge de Saint-Jean. Les références à Saint-Jean sont nombreuses dans les corpus maçonniques.

Jean Bartholo rappelle que cet Evangile est aussi désigné comme « l’Evangile spirituel », indiquant ainsi qu’il est « animé par l’Esprit ». C’est aussi un Evangile du Logos, de la Parole, annoncé par le prologue qui, précise-t-il, est « une synthèse saisissante de l’Evangile ».

« Comme Jean le Baptiste le Franc-maçon est un veilleur. » glisse Jean Bartholo avant de préciser les dimensions de cette veille : « se trouver soi-même » - « trouver le Soi à l’intérieur de nous-mêmes » - « Trouver ensuite les autres Soi en travaillant avec l’autre, le compagnon de route » - « Prendre enfin conscience du Soi unique, caché au cœur de notre diversité ».

Discours, dialogues et récits paraboliques qui animent et structurent l’Evangile de Jean soutiennent un symbolisme particulièrement dense et riche que Jean Bartholo explore à travers plusieurs épisodes dont les Noces de Cana, les marchands du temple, l’entretien avec Nicodème, ou encore la rencontre avec la Samaritaine, concourant à se saisir consciemment et pleinement du « Je suis » :

« « Et le Logos est devenu chair et il a habité parmi nous. »

C’est l’incarnation de l’Esprit. Cela apporte à l’homme la pleine conscience de soi sur terre, le « Je suis ». Par lui est maintenant donnée la puissante impulsion permettant aux hommes, par l’initiation, de ressentir tous, chacun pris individuellement, le « Je Suis ». Par lui est donnée la secousse, qui fait faire aux hommes un immense progrès. C’est ainsi que la Franc-maçonnerie amène l’homme à cette conscience libre du « Je Suis ». »

Et encore :

« « Je Suis » est le nom pour lequel les initiés se sentent unis. Outre la naissance physique, l’être humain peut passer par une naissance spirituelle, s’unir à l’esprit, par la naissance qui l’engendre de l’unité. Jean le Baptiste se désigne lui-même le précurseur, celui qui annonce que le Soi (et non l’ego) doit prendre son autonomie dans l’individu. Celui qui va venir est le « Je Suis » éternel, qui peut dire de lui-même : Avant qu’Abraham ne soit, je Suis. »

Entre autres sujets abordés dans ce livre (nourritures terrestres et célestes, temps de la Parole, temps de l’Esprit, Passion mort et résurrection, relèvement d’Hiram…), le lecteur rencontre celui de l’état de disciple, interrogé par Jean Bartholo dans ses corrélations avec la transmission, la tradition, la mathèse. Il remarque combien l’Evangile de Jean introduit la liberté dans la démarche du disciple ou peut-être du condisciple de Jésus.

« L’Evangile de Jean, dit-il, relie la vie du Christ à travers le prisme de l’événement pascal qui lui donne toute sa signification, mais aussi à la lumière d’une expérience humaine plus ou moins longue. Ce n’est pas sur-le-champ que l’on saisit au mieux le sens des événements que l’on vit. Il faut du temps pour relire les souvenirs, les repasser dans son esprit, les interpréter. La densité du message johannique implique une distance assez longue entre les faits relatifs au Christ et à leur interprétation. »

Comme souvent, Jean Bartholo offre une matière dense pour méditer, approfondir, comprendre. S’il se réfère parfois au Rite Ecossais Ancien et Accepté, tout particulièrement au degré de Chevalier Rose-croix, son travail intéresse bien plus largement la démarche maçonnique ou encore la démarche initiatique.

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