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Tesla, l’homme, l’inventeur et le père de l’électricité par Richard Gunderman. Editions Guy Trédaniel, 19 rue Saint-Séverin, 75005 Paris.

http://www.editions-tredaniel.com/

Nous entendons de plus en plus parler de Nikola Tesla (1856-1943) depuis le début du siècle. Ses recherches intéressent de nouveau même si certains laboratoires, russes ou autres, n’ont jamais cessé d’explorer ou de prolonger ses travaux, indépendamment des fantasmes entretenus à ce sujet. Mais c’est aussi sa vie, tragique, que l’auteur, lui-même physicien, nous raconte tout en mettant en évidence certaines des découvertes les plus significatives réalisées par Tesla. Le nombre de brevets déposés par Tesla est considérable, le nombre d’inventions non brevetées plus encore. Bien sûr, nous retiendrons sa découverte du courant alternatif et ses conséquences par exemple dans le développement du chemin de fer ou l’invention de la bobine Tesla pour la transmission sans fil de l’électricité, mais cet homme d’exception était un visionnaire et un rare précurseur.

Génie de l’innovation, il l’était tout autant de la mise en scène, remarque Richard Gunderman. Nikola Tesla aimait présenter ses nouvelles inventions à un public choisi, rapidement médusé, comme lorsqu’il fait la démonstration de la radiocommande d’un bateau au Madison Square Garden en 1898.

Le livre rend compte des personnalités qui ont compté dans la vie de Tesla, amis, faux amis ou ennemis, comme Mark Twain, un autre visionnaire, Marconi, dans un célèbre conflit d’intérêt, J.P. Morgan et d’autres. Tesla fut souvent spolié, et alterna des périodes de succès et de pauvreté. Il avait une vision globale très lucide du futur de l’humanité, anticipant des questions devenues cruciales aujourd’hui :

« Parmi les programmes recommandés par Tesla, signale Richard Gunderman, on trouve la purification de l’eau potable, qu’il réalisera grâce à la production électrique d’ozone, le « désinfectant idéal ». Plus largement, « chacun doit admettre que son corps est un cadeau inestimable, une œuvre d’art d’une beauté indescriptible », et que toute forme de saleté est « non seulement une habitude autodestructive, mais aussi hautement immorale ». Plus que tout, Tesla recommande la production abondante de nourriture saine. »

 

Tesla prônait le végétarisme. Il a aussi posé les bases de l’électroculture.

« Tesla demande, dit encore l’auteur, la réduction des forces « frictionnelles » telles que « l’ignorance, la bêtise, et la stupidité », ainsi que la réduction des forces « négatives », en tête desquelles il place la « guerre organisée ». Tesla ne pense pas que la paix universelle est encore possible, mais il affirme que le nombre de personnes engagées dans le carnage peut être réduit par l’utilisation de « téléautomates », machines combattant les machines. »

« Tesla appelle aussi au développement d’autres sources d’énergie outre brûler des combustibles – à savoir, ce que l’on désigne actuellement comme énergie éolienne, solaire et géothermique. Mais il précise qu’aucune n’égalera en importance la transmission sans fil de l’énergie, qui fera le maximum pour « unir les divers éléments de l’humanité », pour « ajouter à l’économie humaine et l’épargner » et pour « être le meilleur moyen d’augmenter la force propulsant en avant la masse humaine ».

 

Richard Gunderman donne à Nikola Tesla la place qui lui revient dans l’histoire de la recherche scientifique sans jamais tomber dans l’hagiographie. L’ouvrage, très bien structuré et étayé par de nombreux documents, dresse un portrait nuancé de ce génie et établit son influence marquante sur notre vie quotidienne.

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