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La Lettre du Crocodile

La Lettre du Crocodile

Chroniques littéraires dans les domaines de l'initiation, des philosophies de l'éveil et des avant-gardes : Franc-maçonnerie, hermétisme, bouddhisme, shivaïsme, surréalisme, pensée contemporaine...


Dérapages temporels

Publié le 30 Août 2020, 08:13am

 

Dérapages temporels de Murray Leinster et Philip M. Fischer Jr. Collection Vintage Fiction. Editions L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France.

www.oeildusphinx.com

 

Grâce à Richard D. Nolane, nous pouvons découvrir deux longues nouvelles de SF inédites, datant du début du siècle dernier à une époque, nous dit-il, où la SF s’appelait Scientific Romance.

 

La première nouvelle, intitulée « Le gratte-ciel fugitif », fut publiée en 1919 par Murray Leinster, pseudonyme de l’Américain William Fitzgerald Jenkins (1896-1975). Cette nouvelle « revêt une importance capitale, précise Richard D. Nolane, car elle marque en 1919 l’entrée de l’auteur dans la SF, un genre qu’il illustrera avec succès, dans un registre classique, jusqu’au début des années 70.

 

« Tout commença lorsque l’horloge de la Metropolitan Tower se mit à tourner à l’envers. Ce qui ne se fit pas en douceur. Les aiguilles avançaient à leur calme rythme coutumier, lentement, tranquillement quand soudain les occupants des bureaux proches du cadran de l’horloge entendirent de sinistres craquements et gémissements. Un léger frisson à peine perceptible, parcourut la tour, puis quelque chose céda avec fracas. Et les grandes aiguilles de l’horloge se mirent à tourner à reculons… »

 

La seconde nouvelle, « Le démon de la Mer Océane » est l’œuvre de Philip M. Fischer (1891-1973). Elle fut publiée en 1922. Il publia une trentaine de nouvelles et un roman de 1917 à 1924 dans diverses revues spécialisées dont Munsey’s Magazine. Son service dans l’US Navy au cours de la Première guerre mondiale fut pour lui une source d’inspiration. Cette nouvelle parle de la disparition d’un destroyer de l’US Navy.

 

« A moins d’un mile de là, se découpait une ligne de navires. Mais quels navires !

J’en comptais douze, douze navires formant une flotte. Des vaisseaux de guerre ? A coup sûr, non. De nos jours, les navires de guerre n’ont pas de voiles. Alors… des navires marchands ? Mais les navires marchands ne se déplacent pas en convoi de douze en période de paix…

Je m’approchai du commandant, usant de mes privilèges de médecin.

- Commandant, commençai-je. Qu’est-ce que…

Il braqua sur moi un regard vide et haussa les épaules.

- On va voir de quoi il retourne, dit-il d’une voix sinistre. (…)

Nous nous rapprochâmes à toute vitesse de leur flanc. Tous les yeux à bord étaient maintenant fixés sur les étranges vaisseaux.

Je regardai le commandant. Ses articulations avaient blanchi tant il serrait le rebord du bastingage. Il était sans voix comme sous l’effet d’un pouvoir supérieur à sa propre volonté. Il fixait l’extraordinaire apparition avec une expression de stupéfaction totale. Un tremblement parcourut ses traits. Puis, soudain, sa voix claqua dans notre direction.

- Messieurs ! s’écria-t-il. Oui, ce sont des galions ! Une flotte de l’ancienne Espagne ! Vieille de quatre siècles ! Vous comprenez ça ? Et puis il y a ce soleil… ce soleil qui se couche devant nous pour la deuxième fois ! »

 

Ces deux nouvelles traitent du sujet du voyage dans le temps. L’approche en est classique, le glissement temporel nous est familier, la Fantasy y recourt fréquemment.

« En SF, explique Richard D. Nolane, le voyage dans le temps s’envisage en général de deux manières : soit il est le fruit d’une action volontaire à l’aide d’une machine ou d’une technologie, soit il est la conséquence d’un événement imprévisible, souvent inexplicable ou bien exprimé de façon quelque peu nébuleuse. »

Dans ces deux textes, le glissement temporel permet de mettre en scène des histoires sans nécessairement apporter des explications claires aux événements. Et cela fonctionne pour le lecteur qui se laisse embarquer dans le temps.

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