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La Lettre du Crocodile

La Lettre du Crocodile

Chroniques littéraires dans les domaines de l'initiation, des philosophies de l'éveil et des avant-gardes : Franc-maçonnerie, hermétisme, bouddhisme, shivaïsme, surréalisme, pensée contemporaine...


Civilisation profane. La perte du sacré

Publié le 1 Août 2020, 11:52am

 

Civilisation profane. La perte du sacré de Jean Bouchart d’Orval. Editions Almora, 43 avenue Gambetta, 75020 Paris, France.

www.almora.fr

 

Les premiers mots de ce livre en donnent le ton et l’orientation.

« Nous nous apprêtons à vivre des années extraordinaires. Des êtres lumineux, au cœur généreux et à l’esprit libre, émergent dans tous les domaines et partout sur la terre. Sous la surface des actualités souvent glauques qu’on nous rapporte tous les jours, il se trame quelque chose d’inédit. Le plus éblouissant papillon finit par émerger d’une chrysalide rigide, terne et apparemment morte. Loin d’être condamnée, l’humanité va connaître un sursaut insoupçonné, car une intelligence sans bornes est à l’œuvre depuis toujours. »

 

Point de catastrophisme donc mais une lucidité implacable qui fait dresser à l’auteur, dans les premières pages ce constat :

 

« Sous le fallacieux et pernicieux concept de « croissance » mis de l’avant par d’insatiables prédateurs économiques et leurs exécutants à la tête des Etats-Nations modernes, on incite sans vergogne les gens à consommer et acheter toutes sortes de choses dont ils n’ont pas vraiment besoin avec de l’argent qu’ils n’ont pas, ce qui les enchaîne davantage à un travail d’esclave que souvent ils détestent. »

 

« Quant aux heures de loisir, elles sont souvent passés à des activités abrutissantes, voire destructrices. Nous passons la plus grande partie de notre existence à alterner entre l’agitation et la léthargie ; entre les deux nous nous plaignons de toutes sortes de façons non verbales tout en refusant d’examiner à quel point et comment nous vivons mal. L’homme moderne redouble d’efforts, mais il a complètement perdu de vue l’essence de ce qu’il recherche. »

 

« Quant aux systèmes démocratiques modernes, dont les Occidentaux semblent si fiers, ils apparaissent de plus en plus pour ce qu’ils ont presque toujours été : des mascarades plus ou moins grossières pour cacher la prise effective du pouvoir par la faction la plus virulente de la bourgeoisie, cette caste des marchands qui, il y a deux ou trois cents ans, a confisqué les révolutions ayant mis fin aux anciens régimes eux-mêmes dévoyés. »

 

Nous ne trouvons aucune forme de complotisme, aucune velléité de retour à un passé idéalisé, dans le propos de l’auteur mais une juste dénonciation des errances, des oppressions, des malversations et des trahisons de prétendues élites seulement utilitaristes. A ce tableau noir, Jean Bouchart d’Orval oppose un nécessaire retour au sacré, compris comme « pressentiment de ce qui est au-delà du fait même d’exister ou ne pas exister, au-delà de la naissance et de la mort » pour retrouver « l’émotion fondamentale », « l’étonnement, le ravissement, le sentiment du mystère ».

 

Il convient de renouer alliance avec la Tradition, avec les dieux, entendus comme « les énergies profondes, subtiles et invisibles de la vie manifestée : ils agissent dans la nature, dans l’univers, dans l’homme ». Jean Bouchart d’Orval étaye son propos des traditions de l’Egypte ancienne dont il est un fin connaisseur mais aussi de l’Inde ou de la Rome et de la Grèce antiques. Virtus, fides, gravitas, autorité spirituelle, ordre cosmique, accomplissement, sont quelques-unes des notions abordées, constituantes de ce rapport au sacré perdu que nous devons reconstruire.

 

S’il y a urgence, au vu de l’état de la planète et des dérives humaines, Jean Bouchart d’Orval est conscient qu’il faut prendre le temps de se retrouver soit même, de se restaurer dans l’écoute de la nature pour espérer générer les changements nécessaires :

« Seule une telle écoute intérieure, nous dit-il, peut rendre les hommes vraiment libres de toute idéologie et de toute manipulation. La seule information ne suffit pas pour pouvoir examiner librement les situations de la vie, voir clairement à travers la fumée et surtout aller au cœur des choses. C’est l’écoute intérieure qui, en fin de compte, pourrait engendrer des citoyens vraiment libres et capables d’un véritable regard critique fonctionnel. Voilà ce que redoutent par-dessus tout tous ceux qui manipulent et profitent de nos systèmes démocratiques actuels et c’est donc par là que pourra commencer une vraie révolution à la fois tranquille et irrésistible. »

 

Voici un livre à lire et à faire lire pour mieux comprendre ce que nous vivons et ne pas rester impuissant ou atterré face à l’ampleur de la tâche collective qui nous attend, elle est immense mais formidable et fascinante.

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