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Les rivages de mondes infinis de Rémi Boyer. Editions L’œil du Sphinx, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris – France.

www.oeildusphinx.com

 

De Rennes-le-Château aux rivages de mondes infinis, Rémi Boyer nous emporte, avec cette troisième aventure de Maude et Max, dans les circonvolutions ésotériques qui relient les mondes concrets et ceux de l’Esprit.

 

Les lecteurs de Noces de sang à Bucarest et de Saudade sombre pour le Roi Caché se réjouiront de suivre le couple dans leur conquête de nouvelles dimensions de l’Être, au fil d’une intrigue toujours aussi picaresque et inattendue dans les couloirs et contre-allées du temps où se dissimulent les portes de mondes alternatifs et quelques rares arcanes.

 

« Maude se hissa sur le surplomb, presqu’au sommet du Diamir, flanc majestueux du Mont Nânga Parbat, s’assura à la roche et prit le temps de contempler le paysage magnifique que lui offraient les géants de Himalaya à plus de huit mille mètres dans une lumière matinale irréelle, dominée par les nuances de bleu et de mauve qu’un soleil encore incertain pailletait d’or. Le sentiment de flotter dans l’une des peintures de Nicolas Roerich envahit Maude avec délicatesse.

Elle profita de cet instant de communion avec la nature pour récupérer et vérifier son métabolisme qu’elle avait dû modifier après quatre mille mètres d’altitude. Elle avait activé partiellement sa nature serpentine pour réguler la température de son corps et ne souffrir ni de la faim ni de la soif. Elle avait ainsi pu s’alléger et laisser son matériel au campement pour monter en ascension libre jusqu’au lieu de rendez-vous avec le Moine Bleu.

Ce n’était pas sans émotion qu’elle avait répondu à l’appel à la rencontre avec celui qui avait été pour elle un maître exceptionnel et si singulier. Le Moine Bleu était un pratyekabouddha, un éveillé sans maître et sans dieu. Il n’enseignait pas, ne transmettait pas, lui-même n’ayant eu besoin d’aucun enseignement pour réaliser la grande libération. Il avait accepté, après bien des réticences qu’elle vive avec lui à condition de ne jamais lui adresser la parole. Une relation profonde et silencieuse s’était établie pas à pas et avait transformé totalement Maude, la libérant de toute limite et lui offrant l’accès à l’art infini de ne rien faire.

Il y a cent huit ans, Maude avait appris auprès du Moine Bleu à commander à chacune de ses cellules et à stopper leur vieillissement sans avoir recours à aucun procédé ou protocole alchimique. Peu de temps après, le Moine Bleu l’avait congédiée et lui avait adressé l’une de ses rares paroles pour la remercier de sa compagnie. Pendant la décennie qui suivit, Maude se voyait régulièrement envahie par des pans entiers de connaissance qui trouvaient leur source dans cette rencontre. Le Moine Bleu avait, par sa seule présence, inscrit en elle des mémoires anciennes, fort différentes, certaines non-humaines, qui se libéraient brutalement dans sa conscience, parfois sans raison apparente, parfois en lien avec les événements qu’elle traversait. »

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