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Le tarot de Marseille. L’ésotérisme chrétien à l’œuvre de Thomas Grison. Cépaduès-Editions de Midi, 111 rue Nicolas Vauquelin, 31100 Toulouse.

http://www.cepadues.com/

 

Après avoir synthétisé l’histoire du tarot et ses incertitudes, Thomas Grison présente au lecteur son approche de la fonction spirituelle de cet imagier :

 

«  A l’évidence, le tarot est construit à la manière des programmes iconographiques que l’on trouve encore de nos jours dans les suites des vitraux des cathédrales gothiques, du moins quand celles-ci n’ont pas été trop endommagées par les aléas de l’Histoire et les altérations du temps, ou qu’elles n’ont pas – ce qui est parfois bien pire – été irrémédiablement défigurées par des rénovateurs indélicats. Le tarot, quoi que voudraient lui faire dire certains adeptes de divination qui cherchent à lui attribuer une vocation qu’il n’avait pas à son origine – et qu’il ne devrait, nous semble-t-il, pas plus avoir maintenant -, à a un début et une fin, et ainsi, indiscutablement, il nous conte une histoire. Cette histoire, qui prend la forme d’un pèlerinage, d’une pérégrination, autrement dit d’un cheminement intérieur, est celle d’une quête immémoriale, puisée en tout premier lieu à ces sources bibliques… »

 

C’est ce voyage que présente Thomas Grison, puisant dans les textes bibliques et les apocryphes.

Pour chaque image du tarot, il en étudie l’orientation générale et choisit certains composés essentiels qu’il approfondit. Ainsi pour le Bateleur, il étudie le symbolisme du trépied et du bâton. Il envisage les arcanes III et IV sous le signe de l’étreinte sacrée et en vient au thème de la chambre nuptiale :

 

« Tout cela permet de comprendre également l’importance donnée dans les milieux gnostiques au symbolisme de la chambre nuptiale. Lieu de l’étreinte sacrée, la chambre nuptiale, que l’Evangile de Philippe assimile pleinement au Saint des Saints du temple de Salomon, demeure le lieu privilégié où le croyant vient s’unir avec le divin : «  Qu’est-ce que la chambre nuptiale, sinon le lieu de la confiance et de la conscience dans l’étreinte : une icône de l’Alliance, qui est au-dessus de toute forme de possession ; c’est là que le voile se déchire de haut en bas, c’est là que quelques-uns s’élèvent et s’éveillent. » (évangile de Philippe, 76). Ainsi, les noces eschatologiques, telles qu’elles sont consommées dans la chambre nuptiale, ne sont pas à comprendre autrement que comme l’annonce – voire de l’Annonciation au sens chrétien du terme, qui lui est liée à bien des égards – de l’Opus Magnum, autrement dit du Grand Œuvre alchimique. »

 

Les références alchimiques et gnostiques constituent la matière utilisée par Thomas Grison pour tenter de restituer quelques-uns des savoirs véhiculés par le tarot. Ces savoirs, nous dit-il se sont en grande partie perdus depuis le XVIème siècle « faute de transmission solide de maître à disciple ». Bien sûr, certains adeptes (pensons à Giuliano Kremmerz entre autres) ont su redonner au tarot sa dimension hermétiste profonde. Le mérite de Thomas Grison, conscient des limites forcées de l’exercice est de redonner corps à ce qui peut apparaître disparate en racontant une histoire cohérente toute orientée vers la réalisation du Grand Œuvre.

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